‹ Le soleilChapitre 9 sur 66 · IM · texte numérisé non relu

IM

qucfois ')<) ou /|<) degrés on latitude, et, comme elles mettent trois ou (juatre jours à passer sni' le contour du disque, on voit qu'elles ne sont pas moins étendues en longitude.

Cette structure semble, au premier abord, supposer une éruption se produisant j)ar des ouvertures praticpiées dans la plioLospbère. Cette liypotliése n'est nullement indispensable : bien souvent, nous avons observé dans les liantes régions de l'atmosplière terrestre tles nuages présentant îles formes semblables les jours où le vent était sur le j)oint de changer de direction : les cirri à structure filamenteuse re])liés sur euxmêmes représentaient parfaitement les fleurs suspendues tlont nous venons de j)arler. Il est donc évident (|ue pour expliquer cette forme il n'est pas nécessaire de supposer qu'il y a des trous d'éruption ; cette remarque est très-importante pour la théorie.

7° Gerbes et éventails. — Les filets divergents présentent fpielquefois l'aspect d'un éventail , ou plutôt celui d'un panache iait avec des plumes flexibles [Pi. E, fig. 3). Ces gerbes atteignent quelquefois des dimensions colossales; leur aspect est grandiose et d'une beauté ravissante : les feux dartifice les plus brillants peuvent à peine en donner une idée. Nous les diviserons en deux classes très-distinctes : les unes brillent d'une lumière calme et tranquille, et cette immobilité, loin de nuire à l'impression que produit leur aspect, leur communique, au contraire, quelque chose de majestueux et d'imposant. C'est là ce que nous nommerons de préférence y?«wrtcAe ou éventail. On en voit un exemple dans la protubérance observée le 27 juin 1872 (/*/. E^ fig. 3).

Nous donnerons spécialement le nom de gerbes à d'autres phénomènes dont la forme parait la même au premier abord, mais dont la structure est très-différente [Pi. G, fig. 5 à 8). Les filets très-lumineux, très-déliés et parfaitement tranchés

sont cruiic mobilité extraordinaire. Nous ne signalons pas d'autres caractères en ce moment, mais nous verrons bientôt qu'il A a entre ces deux classes des différences plus profondes et plus caractéristiques.

S"^ Systèmes rayonnants. — Cette forme, très-intéressante^ présente l'aspect d'un éventail formé par des rayons droits et divergents ayant la forme de cônes très-aigus ( PL E, Jig. 4, a). Les pointes sont ordinairement très-courtes et très-vives, et elles sont le signal de violentes éruptions. M. Tacchini est le premier qui ait observé ces rayons; nous les avons vus une fois atteindre une longueur énorme en demeurant parfaitement droits (Pi. C, Jig. 3). Cette forme rectiligne est cependant peu stable ; ils ne tardent pas à se recourber légèrement, et c'est ainsi qu'on les observe le plus souvent. On voit un exemple de cette transformation dans la Pi. £", Jlg. S et 6; il a suffi de quelques minutes pour que la protubérance présentât successivement les deux aspects indiqués par notre dessin. Ces rayons rectilignes s'allongent quelquefois avec une effravante rapidité. Le i^'^ juillet 1870, nous en avons vu ([ui, en quatre minutes, s'accrurent de 2 20" : la vitesse était donc de 421 kilomètres par seconde. C'est à cette date que se rapporte la fig. 3 ( PL C). Quelquefois les pointes, tout en restant Irès-brillantes, sont recourbées, arrondies et émoussées,. {PLE,Jig.li,betc).

Outre ces rayons divergents en forme de cônes, on observe quelquefois des systèmes de rayons filiformes très-déliés et Irès-élégants. L.a.Jig. '^, Pl.E, représente celle que nous avons observée à Rome le 2 1 avril 1 87^, à 9'' 40"* ; à 8''44"S M. Tacchini observait la même protubérance à Palerme , et faisait le dessin reproduit dans la ^^. 8, Sur le fond, fortement éclairé, se dessinaient des rayons très-déliés , divergeant en forme de gloire et présentant un vif éclat jusque auprès de

,<■ Soleil

Page 1