L INITIATION
Les ordonnances liberticides du 27 juillet 1830, qui abolissaient la liberté delà presse, annulaient les dernières élections et créaient un nouveau système électoral, amenèrent en France la révolution qui précipita Charles X et sa dynastie des marches du trône. On sait comment le duc d'Orléans', aidé par la Fayette, arriva au pouvoir et fut reconnu pour roi des Français le 9 août de la même année. L'acceptation du régime constitutionnel avait été plutôt un escamotage que l'expression de la volonté populaire. Déçus de leur attente, les anciens libéraux ne se découragèrent pas. Bien au contraire. Exaltés par les entraves qu'ils rencontraient à l'accomplissement de leurs projets, ils se remirent opiniâtrement à l'œuvre, fondant ici des journaux d'opposition,
renouant là les relations politiques, un instant interrompues par la dernière insurrection. Des émissaires furent mis sur pied : ils parcoururent la France en faisant une propagande active et en établissant partout des sociétés secrètes. Les fameuses associations du Lion dormant, de Y Épingle noire, qui avaient joué un rôle si important sous la Restauration, se reconstituèrent. Elles eurent aussitôt des rapports clandestins avec les carbonari d'Italie , là Tugenbund (jeunesse) du Nord. Les franc-maçons eux-mêmes trempaient dans cette vaste organisation qui couvrait l'Europe comme un réseau.
La Bourgogne en général et le département de la Côte-d'Or en particulier prirent une large part à cette protestation ténébreuse contre la royauté. Il est bien entendu que tous les affiliés aux différentes sociétés n'avaient pas connaissance du but qu'on se proposait. Là, comme partout, il y avait les chefs et soldats, les maîtres et les esclaves. Quelques hommes intelligents, inconnus à la masse, tenaient en main le fil moteur et donnaient à la machine l'impulsion qui leur plaisait. Quant à la plupart des initiés, ils obéissaient aveuglément à un mot d'ordre, quel qu'il
fût, et sans rechercher, sans oser même rechercher la cause ou la fin des démarches qui leur étaient imposées.
Les règlements de ces sociétés étaient du reste excessivement .rigoureux, et l'admission, comme on lé verra plus loin, fort difficile. Fréquemment la peine de mort était décrétée contre le délateur; alors, malheur à lui 1 nul refuge ne le pouvait sauver ; nulle contrée le placer à Pabri des verdicts du redoutable tribunal qui l'avait condamné. La justice se rendait et s'exécutait avec une implacabilité exemplaire. On cite plusieurs traîtres qui, ayant émigré sur d'autres continents, pour échapper au châtiment qu'ils avaient encouru, sont tombés, en Amérique ou en Asie, sous le poignard d'un agent détaché à leur poursuite.
Les plus inflexibles étaient les carbonari. La simple lecture de leurs statuts fait frissonner. L'indiscrétion était punie sévèrement, la trahison entraînait la mort.
L'article 55 de ces statuts draconiens porte : « Tout carbonaro doit garder le secret de l'exis- ■ tence de la Charbonnerie , de ses signes, de ses
» actes, de sa législation , de ses desseins envers les • païens. »
L'article 60 est ainsi conçu :
« Que le parjure, quand il aura pour but de révéler » le secret de la Charbonnerie, sera puni de mort. »
Les coupables étaient jugés par un tribunal composé de carbonari, et l'un d'eux était tenu à l'exécution de la sentence.
La société se divisait en ventes. Vingt associés, dits bons cousins, constituaient une vente. Chaque vente devait, pour être complète, avoir un président, un secrétaire, un député ; ainsi formée, la vente prenait le nom de vente particulière. Les députés de vingt ventes particulières établissaient la vente centrale ; celle-ci choisissait daDs son sein un député chargé de communiquer avec la haute vente , laquelle avait aussi son délégué près la vente supérieure ou suprême.
« Les membres de ces différentes classes restaient » donc étrangers les uns aux autres : un simple » carbonaro ne connaissait que ceux de la vente » particulière dont il était membre : un député que » ses dix-neuf collègues de la vente centrale à la-
» quelle il appartenait. Le lien qui rattachait ces » diverses ventes était. facile à rompre, et l'ensemble » de l'association générale échappait aisément aux » investigations de la police. »
Fortune, famille, honneur, vie, le carbonaro devait tout sacrifier à la cause de la liberté : il devait, en outre, être constamment prêt à résister à l'oppression, à secourir ses bons cousins, être pourvu, par ses soins et à ses frais, d'un fusil de munition avec sa baïonnette, de ving-cinq cartouches à balles de calibre, et s'exercer au maniement des armes.
Lors de son admission, tout néophyte payait 5 francs au trésorier, et il était obligé de verser ensuite une Cotisation mensuelle de 1 franc.
« Aucune communication n'étant écrite , les in- » structions, les ordres se transmettaient verbale- » ment par des délégués spéciaux de la vente su- » prême. 11 fallait à ceux-ci un signe de reconnais- » sance, et ce signe consistait en une moitié de » carte bizarrement coupée, et qui s'adaptait à » l'autre moitié envoyée par la vente suprême aux » chefs des hautes ventes et des ventes centrales, » auprès desquels le délégué spécial devait remplir
» sa mission. Les carbonari avaient leurs mots » d'ordre, de passe, et leurs signes. »
Ces mois et ces signes étaient livrés au récipiendaire dès qu'il avait subi les épreuves, juré fidélité à l'association , et déférence absolue aux injonctions de la vente suprême.
Telle était cette formidable corporation, qui, après avoir préparé le succès des trois journées de Juillet, se réorganisait déjà en novembre 1830, pour renverser le gouvernement constitutionnel.
Nous n'avons pas l'intention de plaider la cause des sociétés secrètes, ni de faire leur procès; mais nous ne saurions nous empêcher d'avouer qu'il fallait un esprit audacieux, énergique, une âme fortement trempée pour s'y engager. On n'y trouvait, on n'y pouvait trouver des natures molles, accessibles à la crainte. Quiconque avait reçu le baptême de l'initiation était doublement homme, si je puis i m'exprimer ainsi. C'est pourquoi il n'est pas étonnant que la jeunesse d'alors se soit jetée avec tant d'ardeur dans les rangs des carbonari ; il n'est pas étonnant, comme l'a écrit M. Dufey, de l'Yonne, qu'ils a atten- » dissent des progrès de la raison publique et la
» réalisation de toutes leurs espérances, et le prix » du sang des braves qui ont succombé durant leurs » longues luttes. 1 »
Depuis quelques années une vente de Charbonnerie avait fixé son siège à Dijon. Dispersée vers le mois de juin 1830, elle s'était de nouveau ralliée au commencement d'octobre, et fonctionnait régulièrement en novembre.
Caractère fougueux et exalté, Georges Duval ne souhaitait rien tant que de se mêler aux conspirateurs. Souhaiter était chose facile ; réussir, fort difficile. La société existait, on le savait ; mais en quelle place s'assemblait-elle ? quels étaient ses membres ? voilà ce qu'on ignorait. Persévérance et bonne volonté triomphent de tout. Georges, par hasard, se lia avec un négociant dont il devint bientôt l'ami inséparable ; M. Jeannet, tel était le nom de ce négociant. Républicain sincère, il avait maudit la faiblesse de la Fayette à l'Hôtel de Ville, et s'occupait ardemment de saper le nouveau pouvoir. La générosité de Georges, son enthousiasme, sa bravoure l'avaient séduit. « Il y a de l'étoffe dans ce garçon-là! » disait-il. \
1 Dictionnaire de la Conversation.
Affilié aux Charbonniers, il se décida à servir de parrain à son jeune ami. On conçoit parfaitement que les avances furent réservées. Il sonda le terrain ; et, quand il se crut assuré que la résolution du jeune homme était sérieuse, il le prit en particulier dans son cabinet.
— Georges, lui dit-il, vous m'avez parlé un jour des carbonari ; savez-vous ce qu'ils sont, les carbonari?
— Les amis du peuple.
Le négociant haussa visiblement les épaules.
— Les défenseurs dos droits de l'humanité, poursuivit Du val.
— Puis?
— Les ennemis du privilège.
— Puis? :
— Les champions de la liberté.
— Puis?
Georges regarda son interlocuteur d'un air inquiet.
— Vous êtes à bout? dit celui-ci en souriant.
— Mais...
6i LES AUBERGES DE FRANGE
— Mais, vous ne savez pas ce que sont les Garbonari.
— Quoi? ne vous ai-je pas...
— Ne m'interrompez point et répondez à mes questions. Vous désireriez être admis dans la vente de Dijon, est>ce vrai?
— Oh ! monsieur ! s'écria Georges avec empressement.
— Bien ; mais toute participation à une société secrète est dangereuse ; l'ignorer- vous ?
— Non, monsieur.
— L'emprisonnement, l'exil, 3a déportation peuvent en être la conséquence.
— Gela ne m'effraye aucunement.
— Le déshonneur...
— Comment, le déshonneur I
— Laissez-moi parler, mon ami. Oui, le déshonneur, pour vous, pour votre famille, si, dans ui conflit politique, vous succombiez. Alors on vous traiterait de bandit... d'assassin... de voleur même!
— Je ne comprends pas.
— Supposez qu'une révolution éclate : vous êtes à sa tète ; forcé par les circonstances, vous obligez vos
concitoyens à fournir du pain et un logement aux hommes que vous commandez. Si vous êtes vaincu, qu'arrivera- t-il ?
— Vous avez raison ; on me traitera de voleur. Mais j'aurai ma conscience.
— Enfant! la conscience est lettre morte en présence dé l'opinion.
•— Alors, j'aurai ma force, monsieur, s'écria Georges avec véhémence.
— J'y consens. Mais le carbonarisme li^i-même est un servage tyrannique.
— On n'obtient rien sans peine.
— J'admire votre réponse. Cependant, à votre âge, les idées politiques sont peu assises ; on a des amusements, un amour...
Le jeune homme devint rouge comme l'écarlate. M. Jeannet feignit de ne pas s'en apercevoir.
— Un amour, continua-t-il d'un ton caressant, et il est dur de l'immoler à un parti, souvent... ingrat.
— L'amour est encore plus ingrat, murmura Georges en baissant la tête.
— Oui-da 1 dit le négociant avec un accent rail-
leur ; la, vraiment* vous vous feriez carbonaro ! Voyez-vous ça! ces jeunes gens! Dans quel siècle vivons-nous !
— Vous avez tort de vous moquer de mes convictions, monsieur, dit Georges d'une voix attristée. Si je ne me suis pas montré comme vous, j'aurais le courage de le faire.
— Et d'être carbonaro?
— Que ne le puis-je, monsieur ! dit Duval en se levant.
— Et d'être traqué comme une béte fauve?
— Oui.
— Misérable?
— Oui.
— Exécré des vôtres?
— Oui.
— Repoussé de celle que vous aimeriez ?
— Oui, répondit Georges sans hésiter.
— Venez!
— Où cela? fit Georges surpris.
•*- Je vais vous présenter à la vente.
— Vous !
-* Moi-même.
— C'est impossible, monsieur!
— Suivez-moi.
Le jeune homme jeta sur M. Jeannet un regard incertain.
— «■ Eh bien? dit celui-ci.
— Je suis décidé.
— Il faut auparavant que je vous bande les yeux.
— Comme il vous plaira.
Appuyant son pouce contre le panneau de la boiserie qui lambrissait l'appartement où ils se trouvaient, le négociant fit jouer un ressort secret, et une petite armoire apparut subitement. Elle était garnie de tiroirs. Dans l'un d'eux, M. Jeannet prit une sorte de large bandeau en maroquin noir et l'appliqua sur les yeux de Duval. Puis il couvrit le bandeau avec un foulard qu'il noua derrière la tête du futur carbonaro, le saisit par la main et l'entraîna au dehors. Un cabriolet attendait à la porte.
— Où allons-nous? s'enquit Georges en montant dans le véhicule.
— Silence, répondit le négociant. Maintenant il m'est défendu de causer avec vous.
La voiture roula pendant plus d'une heure, sans
que les voyageurs échangeassent une parole, et, lorsqu'elle s'arrêta, le frère de Lucie ppyvait supposer qu'ils avaient quitté l'enceinte de la ville. Cependant il n'en était rien. Le cabriolet, après plusieurs tours et détours dans l'intérieur, était revenu à son point de départ, en face d'une maison au-dessus de laquelle on pouvait lire cette enseigne, à la lueur d'un réverbère :
MAGASIN DE NOUVEAUTÉS, JEANNET ET C ie .
Minuit sonnait comme ils descendaient. A cette heure, les rues de Dijon sont désertes, surtout en décembre. Aussi la solitude n'éfait-elle troublée que par le grincement des girouettes de l'antique capitale bourguignonne tournant sur leurs hampes rouillées.
— Où sommes-nous? balbutia involontairement Georges.
— Chut ! fit son guide, ouvrant la portedu magasin, tandis que la voiture s'éloignait au grand trot.
Après avoir traversé différentes pièces, ils. rentrèrent dans le cabinet du négociant. Là, celui-ci
souleva une trappe, et, plaçant une grosse corde entre les mains de Duval :
— Laissez-vous glisser, dit-il.
Le jeune homme hésita quelques secondes et obéit.
Si courte que fut la descente -, il tremblait en mettant le pied sur le sol.
Pourtant Georges était brave : il avait ouï raconter les terribles épreuves par lesquelles devaient passer les récipiendaires, et quoiqu'il n ? entendît et ne vît rien, il avança résolument.
A peine a- ait-il fait quelques pas, qu'il fut brutalement étreint à la gorge, et une voix formidable cria :
•— Qui vive !
— Ami, répondit-il à tout hasard.
— Sais-tu ce que c'est que ceci? demanda-t-on en lui appliquant la gueule d'un pistolet sur le front.
— Un pistolet, dit Duval en rejetant la tête en arrière.
— Bien. Laisse-toi conduire, et pas un mouvement de résistance ou tu es mort.
Au bout de dix minutes de marche, dans une
atmosphère humide et glaciale et sur un terrain mouvant, le conducteur du jeune homme lui fit faire une halte.
— Sois ferme, lui murmura-t-il à l'oreille.
Un bruit pareil au roulement de la foudre accompagna cette recommandation, et Georges crut que la terre s'entr'ouvrait sous lui pour le précipiter dans ses entrailles. Ce fut comme un vertige ; ensuite le grondement cessa : Duval sentit qu'il s'appuyait au solide. Malgré le bandeau qui dérobait les objets à sa vue, il lui sembla qu'il se trouvait alors dans une sphère étipcejante de clartés. Il ne se trompait point.
Nous n'avons pas besoin d'expliquer ce phénomène de la réflexion de la lumière venant frapper la rétine de Toeil en dépit d'un voile opaque. Chacun en a pu éprouver les effeté; aussi espérons-nous que personne ne nous contestera l'impression perçue par Botre héros.
Georges demeura debout sans bouger. Son cœur battait à rompre sapoitrine.
— Qui es-tu? lui fut-il demandé.
— Bien.
— Que veux^tu?
— Être quelque chose.
— Parle donc.
— Je veux être homme.
— Nel'es-tupas?
— Non.
— Qu'est-ce qu'un homme?
— Un animal à qui Dieu a dobné l'intelligence pour concevoir, le jugement pour discerner, la raison pour discuter, des sens pour appliquer.
— Ne possèdes -tu pas tout cela?
— Je possède tout cela.
— Que cherches-tu alors?
— La jouissance de ces facultés.
— Qui t'empêche d'en jouir ?
— Ceux qui prétendent tenir de l'Être suprême le droit d'annihiler mon intelligence, de contrôler mon jugement, de subalterniser ma raison à la leur, de s'approprier mes sens.
— Où as-tu appris qu'ils ne tenaient pas ce droit de l'Être suprême?
— Ma raison mêle dit.
— Que te dit-elle encore?
— Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'on te fit à toi-même.
— Est-ce tout?
— Elle me dit également : Fais pour ton prochain ce que tu voudrais qu'il Ht pour toi-même.
— Comment t'appellerais-tu, si tu vivais comme tu le souhaites?
— Je m'appellerais un homme libre.
— Et tu t'appelles maintenant?
— Je m'appelle un esclave.
— Sais-tu ce que c'est que la liberté?
— Je le crois.
— Développe ta pensée.
— La liberté, c'est le pouvoir d'exercer toutes mes capacités intellectuelles et physiques, pourvu qu'elles s'exercent pour le bonheur de mes semblables.
— Et si tu te trompes dans tes appréciations?
— Ma conscience, d'abord, puis le milieu social au sein duquel je me trouverai m'en avertiront.
-s- Bien. Sais? tu où tu es?
— Je le crois.
— Qui t'a amené ici?
— Ma volonté
— Ensuite?
— Ma volonté.
— On a dû t'indiquer le chemin de cette retraite ?
— Oui.
-Oui?
— J'ai oublié son nom.
— Cela est impossible. Tu mens.
Fougueux comme on Test à soaâge, Georges ne put digérer l'injure.
— Misérable ! exclama-t-il en portant les mains à son bandeau pour l'arracher.
Mais avant qu'il eût accompli ce dessein, il était saisi, terrassé, et avait les poignets liés derrière le •dos.
— C'est un traître ! qu'on le fusille ! cria la voix. Un double craquement retentit. Duval comprit
qu'on apprêtait des armes à feu; mais, se rappelant les épreuves qui précédaient l'initiation à la Charbonnerie, il resta immobile, étendu sur le parquet. #
— Tu vas mourir, dit la voix après un instant de morne silence. Recommanda- ton âme à Dieu.
— Les justes ne condamnent jamais l'innocent,
dit Georges, le visage tourné vers le point d'où partaient les sons.
— Es-tu prêt? '
— Je suis prêt.
— Feu !
Le jeune homme tressaillit, mais garda la posture qu'il avait prise.
— Redressez] et qu'il aille! enjoignit la voix* Georges.fut sur-le-champ délivré de ses entraves,
et son bandeau tomba. Ébloui d'abord par les rayons de la lumière, il ferma les yeux, puis insensiblement il les Vouvrit et les promena autour de lui, en frissonnant. Le lieu où il se tenait était, du reste, bien propre à inspirer l'épouvante. • •
Figurez-vous une pièce immense, tendue d'étoffe noire du parquet au plafond, et éclairée par des lustres fabriqués avec des ossements humains. Des trophées de têtes de mort supportées par des fémurs et des tibias, disposés en culs- de-lampe, ornaient la sombre draperie et donnaienf à la salle l'apparence d'un vaste ossuaire. Au bas de chaque trophée était écrite une sentence terrible. Dans le- fond de l'appartement, on diFtinguait une longue table couverte de
drap écarlate, et derrière s'élevait une colossale statue de la Liberté, le visage voilé d'un crêpe, les mains enchaînées. Au-dessus de cette statue oh lisait l'inscription suivante, tracée en caractères sanglants :