‹ Le soleil de ma Bretagne dramevaudeville en trois actesChapitre 8 sur 39 · SCENE VU · texte numérisé non relu

SCENE VU

ETIENNE, seul. Ensuite FRANÇOIS.

ÉTIENNE , sans ouvrir la lettre qu’on vient de lui donner et la froissant avec , raye. Louisette, ina fiancée. . . arrachée de mes bras. .. aux yeux de tout le village ! et j« subirais patiemment un tel affront!... Non,, non!... cela ne sera pas. ( Apercevant un paysan qui traverse le théifre.) François!

François. Vous-m’appelez, M. Etienne?

Étienne. Est-ce que tu te rends au bailliage? •

FRANÇOIS. Oui.

Étienne. Veux-tu me rendre un service?

François. Volontiers.

Étienne. Tu trouveras chez le bailli un recruteur de marine, qui vient d’être nommé parrain du bateau; tâche de voir cet homme, de lui parler bas, et dis-lui que je l’attends ici... qu’il vienne... il le faut.. Ouj, s’il a

i. du tœur, qu’il vienne me trouver à l'instant.

François. C’est tout?

; Étienne. Oui!

François. Ça n'est pas difficile, je vais vous l'envoyer.

Étienne. Qu’il vienne!... et nous verrons si l'autorité du bailli pourra le mettre à l’abri de ma colère, de ma vengeance. ( Jetant les yeux sur la lettre qu'il froissait.) Mais j’oubliais... cette lettre, qui jieut me l’écrire?... (Couvrant, et regardant la signature.) Ah! Maurice, le père de Louisette.

(Lisant.) « Mon (ils, » il m'appelle son fils,

« à mon arrivée à Brest, où je m'étais rendu » pour quelques affaires, j'ai été arrêté pour » Aine dette de trois cents livres. » Arrêté ! juste ciel ! ( Continuant. )« Mon créancier

» est inexorable il faudra donc que je

j « meure en prison; cache avec soin cette af- » freu.se nouvelle à ma fille... qui, ne pouvant • rien pour moi, ne saurait survivre an coup » qui me frappe, et veille toujours, je t’en

j, « supplie au nom de l’honneur et de notre » ancienne amitié, sur l'enfant qui doit être » ta compagne... Maurice. «Oh ! il a raison..-, louisette en mourrait... et pourtant comment lui laisser ignorer... Mon Hien I quel affreux malheur ! impossible de jenir à son

I secours. . . mes amis sont de pauvres pêcheurs ! comme moi... vivant au jour le jour... Chez moi, rien... Où trouver une somme pareille?

trois cents livres, mon. Dieu! trois cents li-

LE SOLEIL UE MA lyiETAGNË.

vres!... oh ! c'est pour en devenir fou... Le recruteur ! .

Page 1