‹ Le soleil: Exposé des principales découvertes modernes sur la structure de cet astre, sonChapitre 38 sur 47 · MINIMA · texte numérisé non relu

MINIMA

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7,79 Munich.

Malheureuseinent les observations magnétiques

ACTIVITÉ EXTÉRIEURE DU SOLEIL. Zl']

nous font défaut pour la première partie de ce tableau; mais les dernièresp ériodes suffisent pour nous empêcher de craindre une déception.

En discutant plus sérieusement ces résultats, il paraît qu'on aperçoit la trace d'une seconde période semi-séculaire de cinquante-cinq ans et demi; mais comme elle n'est pas certaine, faute d'observations anciennes, nous nous contenterons de l'indiquer sans en dire davantage.

L'existence de la période décennale a été confirmée par des observations faites au Collège Romain pendant les dix dernières années. Nous avions, précisément dans ce but, érigé un observatoire magnétique, et, à partir de i858, nous faisions un dénombrement exact de toutes les taches solaires.

Les astronomes admettent donc unanimement le fait d'une période décennale dans les variations du magnétisme terrestre coïncidant avec une période semblable dans la variation des taches solaires.

Quelque inattendue que soit cette conclusion, elle n'en est pas moins certaine; malheureusement cette relation est plus difficile à expliquer qu'à constater. L'influence du Soleil sur l'aiguille aimantée peut être directe ou indirecte; elle est directe si, par une action magnétique qui lui est propre ou par des courants électriques dont il est le siège, le Soleil exerce par luimême une action sur la boussole ou sur l'aimant terrestre; elle est indirecte s'il produit dans l'état du globe des changements physiques capables de modifier le magnétisme terrestre ou les courants telluriques.

La première opinion a été soutenue par M. Sabine,

3a8 DBUxiÈm partie.

et nous Tavons autrefois partagée. Il est sans doute difficile d'admettre que la matière qui compose le Soleil jouisse d'un véritable pouvoir magnétique; mais il peut fort bien se faire que cet astre soit environné de courants électriques puissants qui agissent à distance comme de véritables aimants. Le Soleil ne serait pas le seul corps céleste présentant une action semblable, car la Lune exerce une influence, faible il est vrai, mais incontestable, sur l'aiguille aimantée.

Cependant la seconde opinion nous parait plus probable. Nous voyons en effet que la période décennale des variations diurnes a une relation certaine avec les aurores boréales, et la valeur absolue des variations dépend d'une manière incontestable du nombre des aurores. Les aurores polaires sont certainement des phénomènes météorologiques produits par l'électricité qui est transportée de Téquateur aux pôles à travers les régions supérieures de l'atmosplière. Cette électricité produit sur le globe terrestre de véritables courants qui agissent sur l'aiguille aimantée. L'existence de ces courants telluriques est aujourd'hui parfaitement prouvée; ils produisent, dans les fils télégraphiques, des courants dérivés, capables quelquefois de donner des étincelles. Pendant quatre ans que nous avons eu à notre disposition un fil télégraphique de 5o kilomètres, nous avons trouvé que ces courants existent toujours et que, pendant les perturbations, ils ont une grande intensité. Dernièrement, M. Airy a tiré, des observations de Grcenwich, la conclusion que tous les mouvements magnétiques sont dus à des courants circulant dans la Terre.

L'électricité étant la cause immédiate de toutes ces

perturbations extraordinaires, on pourrait rattacher à la même cause les variations périodiques de chaque jour; il est bien facile de comprendre qu'il existe chaque jour, dans l'atmosphère, une variation périodique capable de produire ce résultat. Cette variation se relie principalement aux différentes phases que présente l'état de la vapeur d'eau. On avait essayé d'expliquer cette variation uniquement par la marche du thermomètre ; mais l'influence de la température suffirait tout au plus à rendre compte des oscillations de la déclinaison, les seules que l'on connût alors; maintenant qu'on connaît les variations de l'inclinaison et de la force horizontale, il faut avoir recours à un autre mode d'explication. Le seul possible, selon nous, consiste à admettre que les variations de la température n'agissent que d'une manière indirecte sur le magnétisme, en modifiant l'étit électrique du globe par l'intermédiaire des vapeurs.

Quoique cette théorie paraisse la plus séduisante, et que nous la regardions comme la plus probable, elle ne laisse cependant pas que de présenter quelques difficultés. Dans l'état actuel de la science, on ne saurait trouver avec certitude le lien qui relie ces variations électriques avec celles des taches. Sans doute la formation d'une tache doit être accompagnée de phénomènes électriques. Mais nous ne saurions imaginer comment ces phénomènes peuvent réagir sur nos aiguilles aimantées. Quant aux aurores boréales que l'on voit quelquefois apparaître simultanément dans les deux hémisphères, elles ne coïncident presque jamais d'une manière rigoureuse avec l'apparition individuelle des taches, et si cette coïncidence se présente

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quelquefois, on ne doit pas y attacher beaucoup d'importance, car nous ne pouvons pas constiter le moment où se forment les taches qui prennent naissance dans rhémisphère du Soleil opposé à celui que nous voyons. On ne peut donc pas établir entre ces deux ordres de phénomènes une relation de cause à effet.

Dans le siècle dernier, Mairan chercha à rattacher les aurores boréales à Tatmosphère solaire. Mais sa théorie suppose que l'atmosphère du Soleil s'étend jusqu'à la Terre, hypothèse insoutenable.

Tout ce qu'on peut dire actuellement, c'est que la périodicité des taches suppose une périodicité dans l'activité solaire ; de même que les régions polaires du Soleil ne présentent jamais de taches, peut-être parce qu'en ces points l'activité est moins grande, de même le corps solaire tout entier, aux époques de minimum, serait dans un état de tranquillité et de repos général. Les variations de cette activité pourraient bien se communiquer à la Terre, soit par le moyen de la chaleur, soit par quelque autre moyen encore inconnu, par exemple par l'induction électrodynamique, produisant ainsi sur notre globe des phénomènes météorologiques ou électriques.

Tout ce que nous venons de dire n'est, bien entendu, qu'une simple conjecture, car cette question est une de celles dont nous devons léguer la solution aux générations qui viendront après nous. Pour la résoudre, il faudra trouver un moyen plus parfait de mesurer exactement la radiation solaire; de plus, il faudra mesurer ces radiations pendant de longues périodes, afin de constater leurs variations et les limites entre lesquelles elles sont comprises ; ces mesures devront se faire en

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différents endroits des deux hémisphères terrestres, afin d'éviter les influences locales. C'est seulement après avoir rempli ce programme, qu'on pourra se former une opinion et admettre une théorie avec connaissance de cause. Le lecteur peut juger combien nous en sommes encore éloignés.

33a DBUXitoB PAITII.

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