‹ Le soliloque enflammé de Gerlac PetersChapitre 13 sur 161 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

Que l'attachement intéressé à soi-même empêche le progrès intérieur de l'âme.

L'impuissance où je suis d'atteindre, du moins dans une certaine mesure, la hauteur, la largeur, la profondeur, le mystère du suprême amour et de parvenir à cette divine immensité qui dépasse infiniment et de tant de façons l'univers créé : c'est bien le signe que je suis encore retenu et enserré dans les liens de la recherche de moi-

même, que je m'attarde dans mes aises, que je crains ce qui me gêne, que je ne veux pas être abaissé et humilié, en un mot, que je ne veux pas guérir.

C'est pourquoi, lorsque je sentirai quelque obstacle à mon avancement intérieur, j'examinerai avec soin s'il est raisonnable que je sois retenu pour un tel sujet; que si cela n'est pas juste, je m'en dégagerai aussitôt, car il faut éviter avec soin que rien n'ébranle et ne trouble la stabilité de l'âme et n'entrave l'avancement intérieur de l'esprit.

C'est le Seigneur Jésus lui-même qui éclaire de l'intérieur ; d'où pourraient venir les ténèbres? C'est le Seigneur Jésus qui pacifie de l'intérieur; d'où pourrait venir le trouble? C'est le Seigneur Jésus qui rend libre et dégagée cette ascension intérieure de notre âme ; quelle est donc la créature, quelle est donc l'adversité, quelle est donc la prospérité qui pourrait arrêter ou gêner cet élan? C'est moi-même, dit-il, qui sanctifie mon sanctuaire ' : et je ne souffrirai pas qu'on en fasse un lieu profane, mais j'y établis une paix sainte et solennelle au milieu même du tumulte extérieur. Je ne veux pas que la sainteté de mon temple soit souillée par des images étrangères; car rien ne doit préoccuper ou déprimer l'âme qui m'est unie ; et je considère comme grande-

i . Lev. , xxi, i5.

ment répréhensible l'attrait qui la porte vers les choses viles ou inutiles, et les vains soucis qu'elle se crée au sujet d'un avenir incertain, alors qu'elle peut librement jouir de sa noblesse dans celui qui en est la source et l'origine.

Ainsi, que l'âme s'applique, de tout son pouvoir, à ne pas se laisser retenir par les choses de la terre; pour les choses du ciel, elle n'a pas à craindre qu'elles mettent un obstacle à son progrès; puisque non seulement elles ne la rabaissent pas, mais qu'elles l'élèvent et l'invitent sang cesse en mille manières à se maintenir dans la présence du Seigneur, et à vivre en cette région intérieure et supérieure tout à la fois, où eHe ne peut se sentir à l'étroit, où rien ne vient obscurcir ou voiler cette vue de Dieu, c'est-à-dire gêner son union avec lui.

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