CHAPITRE DEUXIÈME
Que l'homme doit fréquemment songer à son exil, pour se réfugier en Dieu ; et là, uni à Lui, rien ne pourra lui manquer.
Je me souviendrai sans cesse qu'ici-bas je suis en voyage, en lulle continuelle. Je fais partie d'une armée qui a sans cesse à combattre, et ce combat doit se poursuivre jusqu'au dernier soupir. Il m'est aisé de voir.comment je pourrai me soutenir pendant ce peu de temps que doit durer mon exil, d'où me viendra le secours, et où il me faut le chercher.
Si je pouvais arriver à me tenir constamment en présence du Seigneur, en qui se trouvent tous les biens, et à garder mon cœur pur, dégagé de toute attache étrangère, insensible à tout ce qui n'est pas Dieu : que pourrais-je encore désirer? Si j'avais tout à souhait, que mon nom fût glorifié parmi les hommes, et que je ne fusse pas bien avec le Seigneur, de quelle utilité cela me serait-il? Que celui-ci, dans ses perplexités,