‹ Le soliloque enflammé de Gerlac PetersChapitre 70 sur 161 · L'OBÉISSANCE · texte numérisé non relu

L'OBÉISSANCE

d'autant plus vraie qu'elle se sépare entièrement, dans son intention, de la gloire présente en ne la recevant que par la volonté divine » (i).

3. Ce qui nous pousse à obéir, c'est l'obéissance entière de Jésus-Christ. Non seulement, il obéit en toutes choses à Dieu son Père, puisqu'il disait : « Que ce ne soit pas ma volonté, mais la vôtre qui se fasse » (Luc, cb. 22, v. 42), mais encore il se soumit à des hommes bons, et à des méchants, et même aux démons (2).

Le fait aussi que toutes les créatures, sensibles et insensibles, obéissent à Dieu, doit nous conduire à la véritable obéissance; et si Dieu lui-même les a assujetties à l'homme, c'est pour que l'homme reconnaisse qu'il doit se soumettre à Dieu. Ainsi, le soleil et la lune ont obéi à Josué ; la terre, à Moïse, quand elle engloutit Coré, Dathan et Abiron ; la mer obéit à saint Pierre, et il marcha sur ses eaux ; elle obéit à Moïse pour submerger Pharaon et son armée. En Egypte, les serpents obéissaient aux magiciens ; et

m) 35" >'vre des Morales, ch.-!4. P. L.t. 76, col. 766.

(2; Notre-Seigneur affirmait à Pilate : « Tu n'aurais aucun pouvoir sur moi, s'il ne t'avait pas été donné d'en haut » (Jean, cb. i9, v. 1 ,). Lui-même permit à Satan de s approcher de lui pour le tenter ; et lorsque le moment de sa passion fut venu, de lui-même encore il s'offrit à Judas et à ses bourreaux qui étaient des membres du démon ; et il s'abandonna à leur fureur, parce qu'il le voulait, pour notre rédemption. II se soumit aux démons en ce sens seulement qulil leur donna, d'en haut, pouvoir d agir sur lui.

les bêtes, aux ermites et aux Pères du désert (lisez les Vies des Pères). L'air, la grêle et la neige obéirent à Samuel ; la pluie, à Elie, le feu aussi, quand il consuma deux groupes de cinquante hommes. Les oiseaux obéirent au très saint patriarche François ; les démons aux Apôtres qui les chassaient, et les maladies, aux Saints, puisqu'ils en délivrèrent les hommes. Que de créatures se soumettaient à Moïse, en Egypte ! Enfin, parce que tout obéit à Dieu, dans le ciel, et, sous le ciel, au purgatoire et en enfer, l'homme devrait bien aussi lui obéir en toutes choses, et accomplir ses ordres et sa volonté. 4. Voici, d'après saint Bernard, la marque de la véritable obéissance (1) : « Celui qui obéit fidèlement ne sait pas différer, il ne remet rien au lendemain, il ignore la lenteur, il devance même les ordres. Ses yeux sont tout prêts à voir ; ses oreilles, à entendre ; sa langue, à parler ; ses mains, à agir ; ses pieds, à marcher : il se rassemble tout entier pour recueillir la volonté de son maître. » « Celui qui obéit bien remet son vouloir et son non-vouloir aux mains de son supérieur, afin de pouvoir dire : « Mon cœur est prêt, Seigneur, oui, il est prêt (Ps. 56, v. 8), prêt à faire tout ce que vous commanderez, prêt à obéir au moindre signe,

(1) J'ai traduit largement. C'est le paragraphe 4 consacré au signe de la vertu. L'auteur commence ainsi : « Argumentum verae obedientiae habet D. Bernardus : Fidelis obediens », etc. Serm. 41, P. L. t. 183, col. 657.

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