‹ Le soliloque enflammé de Gerlac PetersChapitre 71 sur 161 · L'OBEISSANCE · texte numérisé non relu

L'OBEISSANCE

à obéir même avant le commandement, prêt à s'occuper à loisir de vous ou à servir le prochain, prêt à garder mon âme et à se reposer dans la contemplation du ciel (1) ».

5. Et voici les marques de la désobéissance. Celui-là prouve qu'il n'est pas un sujet obéissant, s'il regarde comme injuste l'ordre de son supérieur ; de là, des murmures qui s'élèvent en son âme ; puis, il prétexte qu'il ne peut ni ne doit faire ce qu'on lui commande, et il imagine habilement différents moyens d'échapper ; il en arrive enfin à séduire ceux qui, par insinuation ou prière, pourraient empêcher l'exécution du commandement ou rappeler l'ordre donné. Telle ne fut point la conduite d'Abraham ! Pour obéir immédiatement, il s'en alla, de grand matin, et il avait eu soin de laisser au pied de la montagne ses serviteurs : ils se seraient opposés à l'immolation de son fils tant aimé. C'est ainsi qu'il mérita, pour lui-même et pour sa postérité, d'abondantes bénédictions.

(1) Méditations sur la condition de l'homme, ch. 4. P. L. t. 184, col. 494. Ces « dévotes méditations sur la connaissance de la nature de l'homme » ne sont pas de saint Bernard.

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