‹ Le solitaire. 4. éd., rev., cor., augm., et ornée de vignettes dessinéesChapitre 104 sur 205 · LIVRE viir · texte numérisé non relu

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)) sidérable , vous le savez ; eh Ijien ! » cette fortune sera la vôtre. C'est à » vous que je destine mes richesses ; et )) c'est moi qui recevrai le don le plus )^ précieux, si ma fille adoptive m'ac- » corde son cœur en échange. »

Touchée de ce discours , la confiante Elodie se reproche en secret ses préventions contre celle dont l'affection et la générosité ne se démentent pas un instant; elle allait faire éclater sa reconnaissance, lorsque sa bienfaitrice continue en ces mots :

— (.(. Fille bien aimée , mon devoir » maintenant m'oblige à assurer votre » existence , et à fixer votre rang dans )) le monde , avant que ma carrière soit )) achevée. Le piince de Palzo vous » adore. Je ne vous parlerai ni de sa )) naissance illustre , ni de ses richesses )) immenses ; l'àme de mon Elodie est )) plus élevée que les grandeurs de la )) vie. De la hauteur où ses vertus l'ont T. II. 4-= éclit. 2

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)) placée , elle contemple comme à ses )) pieds les vains colosses de la terre. Ce )) n'est donc point la puissance de Palzo, » ni l'ëclat de sa gloire , mais c'est son » âme que j'ai étudiée , c'est son atta- )) cliement passionné, ce sont ses nobles y> sentimens qui oiit déterminé mon » choix en sa faveur. Aimable orphe- » bne ! son amour pour vos charmes va )) jusqu'au déhre , son admiration pour yi vos vertus jusqu'à l'idolâtrie. A quelle » auguste souveraine a-t-on offert de )) plus brillantes fêtes ? Quelle beauté y> reçut plus d'hommages éclatans? Ah! )) sans doute le coeur sensible de mon :» Elodie rend enfin justice au magnaï) nime guerrier qui l'appelle au pied des :>:> saints autels. Le plus grand des héros )) de la Lorraine est seul digne de la plus j) belle des vierges de la Suisse. »

La comtesse eût pu continuer plus long-temps encore l'éloge du prince de Palzo. Attendrie de ses caresses, péné-

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trée de ses bieiafaits, mais désespérée de la persévérance de ses désirs, la fille de Saint - Maiir ne songeait point à l'interrompre. Craignant cependant qu'an trop long silence ne put paraître une approbation muette, elle répond à la fin ces mots : — ((0 ma mère ! puisque vous dai- )) gnez m'accorder ce titre , comment » vous exprimer ma reconnaissance et )) ma tendresse! Vos bontés ont dépassé » toutes les espérances de l'orpheline : )) jamais elles ne sortiront de sa mé- )) moire; mais hélas ! lui pardonnerez- » vous de nouveaux refus?... Les biens )) qii'Iierstall m'a laissés suffisent pour )) assurer mon existence; je n'en ambi- )) tionne point d'autres. Les richesses de » la comtesse Imberg n'auraient eu d'au- )) tre valeur à mes yeux , si je les eusse » acceptées , (jue celle d'être le don )) de l'amitié , d'être le présent tl'une » mère. Quant au prince de Palzo, trop » jeune encore , ayant à peine eu le

)) temps (le le connaîti'e , je ne puis re- )) pondre à son amour : mon coeur, qui )) ne saurait l aimer , est du moins inca- » pable de le tromper ; et je me sens in- )) digne d'une alliance qui m' élèverait à )) de trop hautes destinées. ))

Dissimulant son dépit et sa fureur, la comtesse ne paraît nullement offensée de cette réponse.

— « Channante Elodie , reprend-elle, )) loin de moi la pensée de forcer vos sen- )) timens et de contraindre vos volontés! )) Selon le désir que vous venez d'expri- )) mer, j'étais résolue à retarder l'union )) projetée, à attendre que le temps eiit )) éclairé votre esprit, et la constance du )) prince attencLi votre coeur. Plus vous y) auiiez connu Palzo, plus vous l'auriez )) apprécié ; et lamour lui seul eût com- » mandé l'Iiymen. Mais tout retard est y) devenu impossible : le prince ne peut )) séjourner plus long-temps au monas- )) tère; il est temps de vous révéler une

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