LIVRE VIII
Morpliée a versé ses pavots sui' le monastère. D'un pas léger, la vierge d'Unclerlach tiavei^se le grand corridor de l'abbaye , et se dirige , une lampe à la main , vers l'escalier de la grande tour. Elle monte déjà ses degrés , lorsqu'un l)ruit sourd vient tout à coup l'arrêter. Plusieurs guerriers descendent du haut donjon. Ils prescrivent les ordres de leur maître à plusieurs montagnards messagers secrets des rebelles. Elodie va se trouver sur leur passage. Une porte basse donnant sur l'escalier s'oll're à sa vue ; elle l'ouvre , et se réfugie sous une étroite et sombre galerie communiquant à la tourelle opposée.
Les guerriers marchent précipitamment. Ils parlent à voix basse aux montagnards, et sont eux-mêmes déguisés en villageois suisses. — .... « Oui, dit un )) des chefs, à la pointe du jour, qu ils » se rassemblent au pic Terrible ! » — Cl jdii pic Terrible!... répète mi monta- T. 11. 4*^ édit. 3
a6 LE SOLITAIRE.
ï) gnartl avec elFioi. r> — a Vos braves, )) interrompt le chef avee dédain, aii- )) riiieiil-ils peur dnja/itàme sanf^lant ?... )) En ce cas , qu'ils se retirent de nos )) nmgs ; il ne faut point au prinee des » soldats que peut intimider une ombre/» — « Mais \e fa/ifor/ie siinirlarit!...y) — ce C'est assez. Silenee. Le prinee a fixé le >^ lieu du rassemblement. Il commande... )) obéissez. »
Le montaiinard murmtu'e encore....
mais les voix, se perdent dans l eloignenient. Les guerriers sont au pied de la tour ; Torplieline n'entend plus le bruit de leurs pas. Elle sort avi'c précaution de sa retraite obscure, et poursuit si marcbesans obstacle.
— «Pourquoi ce nouveau rassera- 1) blement de rebelles? se dit Elodie; )) l oraiïc est-il au moment d'éclater?.... )) Mais c'est après -demain que Palzo » prétend me traîner à Tautel. Ab! sans y^ doute il m'a cboisie pour première vie-