LIVRE IX. 4j
ilécliirés, mais ses contusions sont légères. S'accrochant aux buissons et aux rochers , il parvient avec effort à sortir du ravin : inutilement il voudrait en retirer son coursier ; il se voit forcé de l'abandonner ; et lentement il se traîne à pied du côté du monastère.
Ensanglanté , meurtri , cherchant à retrouver sa route , il erre à l'aventure au sein de la foret : épuisé de fatigue il s'arrête au bord d'un large précipice qui lui ferme le passage , et au fond duquel il entend mugir le torrent. Le prince , pour reprendre ses forces , s'assied un instant sur la roclie escarpée, d'où son oeil cherche à mesurer la profondeur de Tabîme ; mais d'épaisses ténèbres la lui caclient ; if n'entend que les eaux qui , bouillonnant parmi les rochers, se précipitent en giondant sous des voûtes ca- Yerneuses. Soudain du centre obscur de ce vaste gouffre une voix Immaine s'élève jusqu'à lui. Un chant infernal est
parti des entrailles de la terre. Sont-ce les prophéties de l'abime ?... Est-ce l'accent du prince des te'nèbres ?... Palzo distingue ces pai'oles :
i( Vil revollc! traître odieux!
)> Ta noire trame est dccouvcrte.
/) Haï de la terre et des cieux , )) Palzo , tu marches h ta perte.
» Saisi par l'bomme des exploits, » Ah! souvent le sceptre des rois )) A dévoré la main du crime.
i> Contre Palzo monte la voix }) Du noir abîme.
>) De l'hymen ta pares Taïuel , j) Elodie est en ta puissance; » Mais ignorcs-lu <jue le Ciel 3) Souvent protégea rinnocencc!
» A l'autel te donnant sa main , 3) Auprès de toi , prince inhumain , » Qu'anraicnt aux yeux de ta victime » Eclairé les flambeaux d'hymen ; » Un noir abîme.
}) Ton heure sonne... repens-toi ; )) Aux ciciix élève la prière; V Sur ton front , de la mort je voi 1) S'avaaccr lu faux sanguinaire.