‹ Le solitaire. 4. éd., rev., cor., augm., et ornée de vignettes dessinéesChapitre 125 sur 205 · LIVRE IX. 6l · texte numérisé non relu

LIVRE IX. 6l

prise d'accompagner à Nancy la comtesse Imberg, de la défendre auprès de ses juges, et de revenir ensuite en Helvétie. Quoique le pasteur d'Underlacli condamne en sa pensée la coupable amie de Palzo, il ne peut qu'applaudir aux généreux sentimens de l'orpheline.

Ce voyage en outre la sépare du Solitaire, du moins pour un temps. Quelque puissant chevalier de la cour de Lorraine ne pourrait-il faire oublier l'inconnu de la montagne! Le Ciel peut-être appelle à Nancy la fille de Saint-Maur pour y fixer sa destinée. Anselme approuve son départ , et lui fait ses tendres adieux.

Pendant ses préparatifs de voyage , Elodie n'avait point senti son courage fléchir; mais, au moment de quitter l'abbaye*, il semble prêt à l'abandonner.

— ce Yallon chéri! s'écrie l'orpheline, » je vais donc m'éloigncr de toi : plante )) uJjandomiée , enlevée à ma roche

» natale, et poussée par le vent des ora- )) ges 5 où toinJjerai-je pâle et flétrie !... » Ses yeux se sont tournes vers les montagnes du lac Morat : un douloureux soupir atteste ses tourmens secrets; si du moins elle avait pu prévenir celui qui seul occupe son coeur, des motifs de son absence momentanée !... Mais à qui confier un message î Qui s'en chargerait dans Underlacli! Nul montagnard de la contrée n'ose approcher du Solitaire.

D'après les instructions qu'a reçues Ecbeit, pour éviter tout soulèvement de la part des rebelles , il ne doit traverser avec son prisonnier le canton de Morat qu'au milieu de la nuit. Montée , ainsi que la comtesse , sur une mule richement enharnachée , Elodie côtoie la vallée. Les habitans du village ont appris son départ ; quoique rassurés par ses promesses d'un prorapt retour à l'abbaye, avec douleur ils se pressent

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