LIVRE IX
corlége. Enlre deux rocs escarpés, les troupes du comte de Norindall défilent lentement. Soudain la fille de Saint- Maur est tirée de sa profonde rêverie par un nom presque magique prononcé non loin d'elle. Que ce mot a puissamment réveillé son attention ! comme il a retenti jusqu'à son coeur! Quel est-il?... le mont Sauvage.
De tous côtés, autour d'Elodie, s'offrent de hautes montagnes , forteresses de la nature , dont les vastes remparts portent dans les nues leurs crénaux blanchâtres. Palais sublimes des glaces éternelles où se forment les avalanches , ces pics audacieux montrent jusqu'à quel point la terre peut se rapprocher du ciel. Leur colossal aspect élève l'homme, ce roi de la nature, dont la pensée dépasse autant les hauteurs du globe que son âme les merveilles de la création.
Elodie est au pied de la montagne T. 11. /f édit. G
redoutée. Ecbert et quelques chevaliers, l'environnent. Ses yeux fixent avidedement la forêt mystérieuse ; son coeur bat avec violence. L'orpheline est convaincue que l'homme qui pénètre jusqu'aux plus secrètes pensées des princes et des cours, a vu ses dispositions de départ et connaît ses projets de retour. Sans doute le Sohtaire a su l'heure de son passage en ces gorges désertes; il est là sans doute : il aura voulu jeter
un dernier regard sur elle Ah! que
ne peut-elle rencontrer ce regard !
Sur le penchant de la montagne , à travers les sapins et les rochers , Elodie aperçoit confusément une habitation sauvage. Plus elle regarde , et plus les objets qu'elle cherche à distinguer captivent son attention. D'une énorme masse de granit se détache un rustique édifice, dont les murailles sont des troncs d'arbres et la toiture des roseaux. Auprès de l'étrange demeure que voilentà demi