LIVRE i
quelques rameaux de la foret, s'élèvf^ une sorte (le tropliée d'armes. A ce faisceau guerrier, suspendu, un bouclier armorie' réfléchit les derniers rayons du jour. O surprise! Ecbert s'arrête à cette vue ; il fait un signe à ses compagnons ; et soudain, au roulement prolongé du tambour, leurs fronts s'inclinent humblement, leurs lances s'abaissent avec respect devant la hutte sauvage du Solitaille.
Le salut d'armes est achevé; l'ami de René poursuit sa route, sans pmaîtj-e remaïquer l'étonnemcnt de l'orpheline.
Que signifie cet hommage éclatant rendu à l'homme du mont Sauvage ?... Quoi!
devant la seule ai-miu'e du SoUtaire le comte de INorindull s'est prosterné!.,.
Comment exphquer ce mystère!
Les troupes d'Ecbert ont hâté le-"' marche. Ils sont sortis des délil'^sd • Sauvage, et déjà longent le lac .:.
La nuit s'avance , ils parviennent au pic Teriible , et là le plus affreux danger les menace.
Les rebelles ont appris l'arrestation de Palzo. Le départ d'Ecbert , la route qu'il doit suivre , le moment de son passage , tout leur est connu. Les chefs insurgés ont résolu de sauver le prince ; non loin du pic Terrible leurs montagnards embusqués attendent l'ami de René pour attaquer ses troupes à l'improviste , les mettre en jfliite , et délivrer le prisonnier.
Le comte de Norindall s'éloigne rarement d'Elodie. Attentif à tous ses mouvemens , il voudrait l'entourer de toutes les puissances de son âme, de toutes les forces de sa vie. Tout l'inquiète pour elle , et l'amertume de ses regiets eu quittant pour la première fois une ten-e natale , et les fatigues de la route, et l'air humide de la nuit, et jusqu'aux mugissemens de la forêt.