‹ Le solitaire. 4. éd., rev., cor., augm., et ornée de vignettes dessinéesChapitre 129 sur 205 · LIVRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IX

S'acîressant à Ecbert, après im long silence : — «Quelle est, dit la comtesse, » celte roche escarpée qui, teinte dune » couleur rougeâtre, semble un frag- )) ment détaché des cavernes infernales? ))'Son ombre gigantesque se projette au

yy loin comme un spectre menaçant

» Ecoutez ! serait-ce le vent dont j'en- )) tends s'échapper les plaintes lugubres

» à travers les fentes du rocher?

» Chevalier, où sommes-nous? Ici l'air » lui-même est imprégné de terreur.

» Comte de ISoiindall , où nous con- » dulsez-vous!... »

Sa voix est tremblante, et ses traits peignent l'effroi. — «Ce rocher est le » pic Terrible , répond Ecbert : les suy) perstitions populaires ont rendu son )) approche redoutable. C'est ici que les y) religieux du monastère d'Underhich » périrent sous les coups d'une horde y) barbare. C'est ici , selon les monta- )) gnardsj que le fantôme sanglant »

— «Ecbert ! interrompt Torplieline alar- )) mée , cloignons-noLis. »

La vierge d'Underlach avait à peine achevé ces mots, que du sein de la forêt partent des cris perçans. Une nuée de flèches a traversé les au^s ; de piques et de soldats les rochers se hérissent ; et de toutes parts les montagnards rebelles ont cerné les troupes d'Ecbert.

Un combat épouvantable s'engage auprès du pic TeriiJjle. Les gardes de Palzo tombent baignés dans leur sang. Les fers du prince sont brisés ; et déjà le chef des insurgés, armé d'un glaive étincelant, comljat à la tète de ses libérateurs.

Ecbert fait en];endi'e sa voix, il ranime ses guerriers que la terrem^ a saisis : il rallie ses troupes dispersées , et son audace téméraire a fait pâlir les assaillans. Aux postes les plus périlleux, au milieu de la plus affreuse mêlée ,• son panache s'élève orgueilleusement comme une oriflamme de la victoire.

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