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ses principes , Anselme était parfois un ministre fanatique. 11 ressemblait habituelTement au ruisseau paisible ([ui roule ime onde bienfaisante; et cependant, tel qu'un volcan embrasé, saisi d'une inspiration soudaine , il pouvait, sur les mortels égarés, lancer les éclairs et la foudre. Doué d'une sensibilité profonde et d'un courage héroïque, prêt à se dévouer pour son prochain, il ne voyait aucun sacrifice, aucun effort impossible à la charité chrétienne. Simple , mais exalté; calme, mais enthousiaste; Anselme réunissait en lui seul deux hommes remarquables , deux natures opposées .' ce Fénélon de la vallée aiu-ait pu être un Samuel.
Elodie venait d'atteindre sa dix-huitième année. Elevée dans la solitude, simple , naïve et pure , elle avait ouï parler du monde, de ses plaisirs, de ses grandeurs, et de ses dangers , sans y atta-
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cher aucune idée : le vallon d'Underlaclî était pour elle l'univers j il Suffisait à ses désirs. Elle avait entendu va*nter cfautres climats et d'autres tei'res , sans jamais souhaiter de les connaître. En effet, des tourelles de l'abbaye, étendant ses regards sur les sites enchanteurs de Morat, ou les élevant vers la voûte céleste, avait-elle besoin, pour admii'cr les ouvrages et la gloire du Seigneur, de parcourir le monde entier?
Un seul point du globe suffit à l'admiration de toute une vie humaine, comme le seul nom de Dieu à toutes les pensées d'une âme religieuse.
Etrangère aux passions humaines , que son imagination avait peine à comprendre , Elodie ne pouvait croire aux puissances du malj et cependant, plus tremblante que le faon timide à l'approche du chasseur , souvent agitée par de vagues terreurs , elle tressaillait au moindre bruit, et s'alaimait du plus léger évène-