LIVRE X
loiirant l'intérieur de la cabane , elle est tombée pâle et tremblante.
— (C Tu te conjQes à moi ! s'écrie le )) Solitaire, ivre de reconnaissance et )) de joie. O la plus belle création du )) Ciel ! toi que je dérobe à la terre ! sous )) la cabane de l'exil, par moi seul ad- )) miiée, par moi seul adorée , seras-tu » satisfaite de ton sort? mon coeur suP- » iira-t-il à ta vie?.... Que dis-je ! Ab! )) déjà n'as-tu pas dédaigné tous les dons )) de la fortune! Ya, ce que tu perds en )) riebesses , en dignités, en puissance, )) je saurai te le rendre en amour. »
11 dit : un repas frugal est préparé sous le feuillage : il y conduit sa bien-aimée. La nature semble leur sourire : le ciel , comme un dais radieux, les couvre de ses voiles d'azur : les cbantres du bocage célèbrent leurs félicités : l'air, tel ({u'une essence divine des fleurs et des fruits de la vallée , exhale autour d'eux des parfums d'amour : le désert esl plein T. 11. i^édlL 8
go LE SOLITAIRE.
criiaraionies ; et l'aurore brillante et pure éclaire ce nouvel Eden.
Cependant avec effort le Solitaire s'est séparé de l'orpheline, et pendant la journée entière il écrit les funestes évèneraens de sa vie. Les heures s'écoulent avec rapidité. L'ombre succède à la lumière. Elodie s'est renfermée dans l'enceinte où sa couche modeste est placée.
Le beau chasseur de la montagne n'approche point du lieu sacré qu'habite la vierge adorée; et toute la nuit, appuyé contre la porte de l'ermitage , seul il veille et continue l'ouvrage commencé.
Arrivée au miheu de son cercle, du haut de son trône d'ébène , la déité des ténèbres étend son sceptre de plomb sur la terre assoupie. La nièce d'Herstall est réveillée par un sourd gémissement.
Non loin, en dehors de la cabane, comme épouvanté par quelque horrible vision, riiomme du mont Sauvage lui paraît être