‹ Le solitaire. 4. éd., rev., cor., augm., et ornée de vignettes dessinéesChapitre 141 sur 205 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

Chassé par l'ombre nocturne, le jour disparaît. Un épais brouillard élevé des vallons couvrait les montagnes et Aoilait la nature. A travers de noires vapeurs la fille du monastère suit son guide silencieux; elle marche les yeux baissés, et pressent quelque événement ellîoyable. Tout à coup non loin du lac Morat le Solitaire s'arrête. Le vent porte à l'oreille de l'orpheline le long mugissement des vagues qui se brisent tristement sur des grèves sohtaires. Elle regarde autoiu* d'elle.... Dieu puissant! en quel lieu se trouve ElodieV... à l'entrée d'un monument voûté d'ossemens humains; entre <Ies colonnes formées de squelettes entassés; sous un arc de triomphe élevé par la vengeance à la férocité (1).

(1) Cet ossuaire existait encore presque en entier avant la révolution. Il fut détruit par les Français pendant les guerres de la république. Cependant on en retrouve encore des vestiges •

— «Ciel! où suis -je? dit la vierge )) d'Underlacli. » — « Sous l'ossuaire de )) Morat , répond l'homme du mont Sau- » vage, et je suis Charles - le - Témé- » raille, y).

11 dit, et jetant son noir manteau, le Solitaire, revêtu de l'annure du conquérant , apparaît au miheu du vaste sépulcre comme sur un trône de cadavres; et, sous les catacombes du crime, ilsemljle un archange foudroyé , tombé du palais de la gloire au fond de l'antre des tortures.

— - (c Charles - le - Téméraire ! répète y) avec un accent décliirant la malheuy> reuse Elodie.Vous! le sanguinaire duc )) de Bourgogne ; vous ! l'assassin de mon )) père. ))

Et la jeune fille, éperdue, chancelante, s'appuie contre une des colonnes de la mort.

— (( Oui , reprend-il avec une sorte )) de rage , oui, je suis l'implacable Bour-

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