LIVRE X
Je ses yeux s'échappe une larrae. — (c Piépète encore , a-t-il dit : Le ciel est y) apaisé, sa miséricorde pardonne; n'as- )) tu point prononcé ces mots? Ange )) sauveur ! rayon d'espoir et de salut ! )) achève ta mission divine, absous au )) nom de l'Eternel ! )>
— ((A l'ermitage ! » s'écrie Elodie.
Et, semblable en sa course agile à ces étoiles inconnues qui glissent sous la voûte nocturne , elle s'élance , fuit vers; la forêt, retrouve le sentier du mont Sauvage , et bientôt , parvenue à la demeure du SoUtaire , toml3e épuisée sous la cabane.
L'orpheline est demeurée quelques instans comme privée de l'usage de ses sens. L'infortuné Charles de Bourgogne reparaît à sa vue : il approclre , il lui présente un manuscrit, il lui adresse ces paroles : — a Voilà ma vie entière , voilà » le récit de tous mes forfaits. Fille de » Saint-Maur! lisez et jugez. Je ne m'of- T. II. 4« édit, 9
gS LE SOLITAIRE.
» fi^ii'ai plus à vos regards , que vous ne )) me l'ayez ordonné. Si mes crimes )) vous paraissent expie's, si la pitié parle )) à votre coeur , si l'innocence pardonne » au repentir, adressez -moi quelques y) mots d'espérance ; et déposez votre )) écrit dans le creux du vieux saule , au )) bas du sentier de la montagne. Loin y> de vous , je vais attendre mon arrêt. »
11 dit : sa voix est morne , et l'abattement du désespoir est empreint sur son visage. 11 cherche à cacher ses souffrances ; il détourne les yeux ; il ne veut point attendrir en sa faveur celle qu'il a
choisie pour juge Elodie essaie de lui
répondre ; mais les forces lui manquent. . . et déjà le Solitaire a quitté l'ermitage.
L'orpheline est seule , elle tient dans ses mains le fatal manuscrit ; oh ! com^ bien de fois ses larmes coujeront en lisant cet écrit terrible !