‹ Le solitaire. 4. éd., rev., cor., augm., et ornée de vignettes dessinéesChapitre 146 sur 205 · LIVRE XI. ÎOQ · texte numérisé non relu

LIVRE XI. ÎOQ

reur de la terre et aux vengeances du Ciel ; puis lui renvoyant avec dédain son brevet abhorré , je courus anner la Bourgogne contre la France.

)) L'hypocrite monarque parut profondément affecté de mes accusations.

Cherchant à se disculper aux yeux des nations , il convoqua les princes de son sang , les seigneurs de sa cour, les députés de ses villes; pour justifier sa vie entière il harangua cette assemblée avec autant d'audace (jue de talent , et finit par la nommer son juge. Mais le despote avait choisi les membres de son tribunal ; et le jcriminel fut solennellement aJjsous.

» Cependant à mon cri de guerre et de vengeance, les chefs les plus illustres du royaume français s'étaient soulevés contre Louis XI; et déjà s'étaient joints à moi le duc de Bourbon, beau-frère du monarque , le duc d'Alencon , le comte d'Armagnac, le sire d'Albret , le duc

IIO , LE SOLITAIRE.

de Nemours, ie comte du Maine, le duc de Calabie, le comte de Danois, et enfin jusqu'au duc de Bretagne luimême.

)) Ces puissans confédérés (i) ont armé leurs vassaux. Contre Louis, le soulèvement devient général ; et toutes les forces de la monarcliic menacent à la fois le tyran qui pour seul allié ne peut nommer que le duc de Milan , le fameux bâtard François Sforce.

)) A la tête d'une armée valeureuse , je vole aux combats. Bientôt les troupes de Louis ont fui devant les Bourguignons. De toutes parts les lauriers tombent sur ma tête, et la victoire suit mes bannières. Mamarclie n'est qu'une suite de liiomplies : les villes françaises m'ouvrent leurs portes : les peuples me nom-

(i) Cette guerre fut surnommée /a Guerre du bien public. {Voyez y sur la vérité historique du récit de Charles-le-Téméraire , Anquetil , Duclos^ Daniel , Mézerai , etc. )

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