LIVRE XI. î
ment leiir libérateur : je disperse tous mes ennemis 5 je dompte tous les obstacles; je suis aux portes de Paris; et le comte de Charolais est déjà, par l'Europe entière , surnommé Charles- le~ Terrlble.
)) Louis XI avait concentré toutes ses Jorces auprès de sa capitale. Lue bataille décisive est livrée dans la plaine de Longjumeau : le roi de France y combat eu personne, expose plusieurs fois sa vie , tombe au milieu des rangs épuisé de fatigue; et privé de sentiment, est transporté au cliateau de MontlUéri. La victoire est aux Bourguignons. Les chefs français déclarent Louis \I déchu du trône; et son frère le duc de Berrv est proclamé roi de France au camp des princes confédérés.
» J'assiège Paris : Louis quitte sa capitale; secrètement il m adresse ses prières; il me rappelle nos premiers srnlimens ; il implore son ancien ami ; il me
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demande un moment d'entretien ; et , comptant sur ma loyauté, sans escorte, sans garde , il veut se rendre seul à mon camp.
M Je ne venais que de débuter dans la carrière des vengeances; et sur ce sol, encore nouveau pour moi , mes pas n'étaient point afTermis. Louis XI malheureux me rappelle le dauphin fugitif. Sa lettre m'arrache des larmes : je crois reconnaître dans ses touchantes expressions la douleur , le repentir et la vérité. Son infortune m'attendrit; sa confiance me désarme; l'hypocrisie a triomphé; je réponds au roi : — «Je t'attends. »
» Mes troupes campaient auprès de Bercy : les restes de l'année royale se déployaient de l'autre côté de la Seine. Le monarque français, dans un faible bateau , traverse la rivière. Seul il déi|parque au miheu de ses ennemis; j'avais douté, jusqu'au dernier instant, d'un pareil trait de co^iliance. Siu' la rive il s'a-