LIVRE XI. 1 I
Tance à ma rencontre : mon coeiir battait avec violence : je retrouve en son premier regard ce daupliin que j'avais tant aimé : ce n'est plus Louis XI, c'est le compagnon chéri de ma jeunesse , je m'élance vers lui : — « Qui vient à moi ? >j me dit-il.» — «Ton frère, lui répondis-je : » et je me précipitai dans ses bras.
y) Elodie, jamais je n'oublierai ce jour : j'étais encore trompé, mais j'étais lieureux. Louis se jouait de ma crédulité , mais j'étais satisfait de moi-même. Je quittais la route des fureurs, je revenais aux sentimens magnanimes; je retrouvais l'enthousiasme de mon printemps , je reprenais ma première vie.
» Le roi profita de cette exaltation généreuse : il obtint facilement là paix; le traité de Conllans fut signé. Le monarque promit à tous les chefs français de nouvelles possessions et de nouvelles digni- T. n. /i" édit. lo
Il-f LE SOLITAIRE.
tés. La confédération fut dissoute; et reconduit conmie en triomphe par Louis jusqu'à A illiers-le-Bel, je repris le cliemin de la Bourgogne.
» Hélas ! lorsque les lèvres d'un guerrier ont une fois touché la coupe de la gloire, la soif des combats ne s'éteint plus en lui. Déjà mes triomplies avaient rendu mon nom célèbre; je voulus accroître encore ma renommée. Les Liégeois menaçaient la Bourgogne, je marchai contre eux, je les soiunis; la victoire perfide accompagnant partout mes armes , ne me présentait que des palmes, ne me promettait que des couronnes , et ne me préparait qu'un al^îme.
)) Cepend.int Louis XI violaitsans cesse le traité de Conllans : ayant liabilement semé le trouble et la division dans toutes les provinces ennemies, et piu-mi tous les souverains iHvaux, il ne redoutait plus une conlédération: les flambeaux de