LIVRE XI
Charles VII. A leur voix la ville de Dinan se révolte : mon père m'ordonne de marcher contre les rebelles; j'assiège leur forteresse. Fiers d'être soutenus par Louis dont ils attendaient des secours , ils promènent insolemment sur leurs remparts la statue informe de mon père, coucljée dans un lit de bourbe infecte, et Client aux Bourguignons, sous les murs de la place : — a jToilà le siège du erapaud votre duc (i) •' »
» Cette rèbelhon, cette gueiTC et les horreurs commises en France , étaient la suite du traité de Conflans. Tel était le prix de ma loyauté ; telle était la récompense d'une action magnanime : mes vertus commencèrent à me paraître des faiblesses, et mes faits généreux des fautes impardonnables.
» La ville de Dinan résistait encore ^ mais sa perte devenait certaine. Poiu'
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Tëclairer sur les dangers qui la menacent, j'adresse un parlementaire aux révoltés ; ils le font pendre. Je leur éciis , et leur envoie ma lettre par un jeune enfant que son âge devait protéger ; ils le font impitoyablement massacrer. Pour irriter ma fureur et me forcer aux crimes, toutes les puissances infernales semblaient décbaînées contre moi.
» Bientôt la ville rebelle est réduite à l'extrémité. Sa garnison n'a plus d'espérance ; ses murs s'écroulent de toutes parts : un assaut général est ordonné.
Alors, mais trop tard, les liabitans de Dinan aperçoivent l'abîme creusé par leur démence; ils sont contraints de se rendre à discrétion. Cependant je ne me vengeai point encore. Je pris possession de la forteresse, et j'attendis la décision de mon père. Pbilippe était à Bouvines; il prescrivit la ruine de la ville insiu'gée , et signa l'arrêt de mort de tous ses liabitans.