‹ Le solitaire. 4. éd., rev., cor., augm., et ornée de vignettes dessinéesChapitre 156 sur 205 · LIVRE XI. ï3l · texte numérisé non relu

LIVRE XI. ï3l

lil ; et bientôt un sommeil réparateur ferme ma paupière appesantie.

)) Tout à coup un léger bruit m'éveille : à la pâle clarté d'un flambeau mourant, je vois s'agiter devant moi la sombre tapisserie de l'appartement mystérieux :

elle s'entr'ouvre... et bientôt une figure blanche et voilée se dessine dans l'obscurité sur la noire tentiu^e. Une lampe à la main , du fond de lu salle antique , silencieusement et comme une vapeiu* errante , l'inconnue s'avance jusqu'à moi. Ses bras nus, éblouissans d<i blancheur , semblaient transparens comme l'opale d'Arabie : ses longs cheveux noirs en désordre flottans , son visage pâle et décoloré couvert d'une gaze légère , la lenteur de ses mouvemens , tout en elle était fantastique. Ses formes aériennes eussent enchanté les regards si quelque chose de vague et de surnaturel n'eut jeté sur elle des teintes funéraires.

» Touchant ma main brûlante de sa main froide et glacée , elle soulève son voile , porte sa lampe près de son visage, et me montrant sous des traits défigurés par la douleur l'ombre effrayante d'une beauté céleste : — « Reconnais si tu le )) peux, me dit-elle, la jeune, la belle, » la brillante héritière d'Aro ville! Voilà » comme tu l'as faite !,.. Contemple ton y) ouvrasse \ »

— (( Iréna ! m*écriai-je en me préci- » pitant vers elle. » — « Suis - moi , dit )) l'infortunée; » et vers le passage secret elle fuit comme une bulle d'air qu'un soufîle rapide a poussée.

)> Sans remarquer où je vais , je suis ses traces à la hâte ; et bientôt dans un<i vaste rotonde tendue de noir, éclairée par des cierges funèbres, je la vois s'arrêter devant une sorte de sarcophage surmonté du dais de la moii:.

» A la lugubre clarté des flambeaux , je regarde liéna : quel épouvantable

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