LIVRE XI. l
changement ! Son cœur glacé paraissait à peine palpiter ; sur son front pâle était empreinte la démence ; ses lèvres blanches étaient inanimées ; on eut (lit que le sang ne circulait plus dans ses veines; aucun soufïle ne paraissait sortir de sa bouche muette ; sa prunelle était immobile; et son regard clair et fixe (jui n'avait rien d'humain , n'avait cependant rien de céleste.
» La fille d'Herstall sourit amèrement.
Levant le drap mortuaire : — « Ce n'est )) point le lit nuptial de ton épouse, me » dit-elle , c'est l'heiuTux berceau de » ton fils' »
» Et j'aperçois au fond d'un cercueil l'affreux cadavre d'un enfant. — « Il dort, » me dit Iréna. Jeune et noble fils de la )) Bourgogne ! salut et paix à ton inno- )) cence! » Puis me regardant avec un nouveau rire convulsif : — « ]N'est-il » pas vrai, Charles! 11 dort ?... Ah! il ne )) trompe pas, lui!.... ;>
l34 LE SOLITAIRE.
» Eperdu , désespéré, je pousse un cri lamentable , et tombe aux pieds de ma victime. — « Le barbare ! s'écrie Iréna, )) il a réveillé son fils.... S'il allait aussi y) l'égorger!.... Le monstre! la mère ne » lui aura pas sufli. ))
» Et renversant le sarcopliage , elle Tient d'éteindre tous les flambeaux, et disparaît sous les ténèbres.
n Comme Danaûs au fond du Tartare poursuivi par les Euménides, je pousse des cris perçans. Je clierclie Iréna ; je cours au hasard à travers d'obscures galeries ; et sous un passage inconnu , je tombe enfin sans mouvement.
» En reprenant mes sens, je me trouve environné d'Ecbert et de mes chevaliers , que mes cris avaient attirés près de moi. Aucun d'eux n'était entré sous la rotonde funéraire. L'événement de la nuit demeura pour eux un mystère.
» L'aui'ore a reparu : un courriel' vient