‹ Le solitaire. 4. éd., rev., cor., augm., et ornée de vignettes dessinéesChapitre 158 sur 205 · LIVRE XT. l · texte numérisé non relu

LIVRE XT. l

à la hâte m'annoncer qu'une sortie des Liégeois porte en ce moment la terreur au camp des Bourguignons. Je (juitte le funeste manoir, et je cours chercher la mort au milieu des comhals. Trois jours après, l'infortunée fille d'Herstall avait cessé de vivre.

» Sous les remparts de Liège, l'assaut général est ordonné. L'un des premiers j'entre par la brèche; tout fuit devant moi; tout tombe sous mes coups; elle cruel Charles, égaré par la fureur et le désespoir , donne au monde épouvanté le spectacle du massacre d'une population entière réfugiée dans les églises , de l'incendie d'une ville immense implorant la pitié du vainqueiu-, et du bouleversement total d'un sol qui ii'ofhit plus que des ruines entassées sur un lac de sang.

» Le fils de Charles VII pendant ces horribles scènes de carnage, peudimt

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que le fer des Bourguignons égorgait les malheureux auxquels il avait promis ses secours et qu'il avait fait révolter , Louis XI , dévorant sa honte et ses remords, dînait paisiblement à la lueur des tourbillons de flamme qui embrasaient la ville ; et prêtant l'oreille aux cris déchirans de ses victimes, il vantaitla gloire de cette effroyable journée.

» Le monarque caplif réclame alors sa liberté. Je me fis un devoir de la lui rendre. 11 reprit la route de sa capitale, et par de nouvelles barbaries signala son retour à la puissance. Son plus cher favori, la Balue y qu'il avait de garçon meunier fait évêque et cardinal , fut arrêté par son ordre; et renlermé dans ime cage de fer de huit pieds carrés, placée au miheu d'une tour, il attendit onze ans la mort qui termina son supplice. Poursuivant le cours de ses vengeances, Louis fit poignarder le comte

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