LIVRE XI. l
trArmagnac, ëventrer la comtesse enceinte , et traîner siu' la claie les plus puissans seigneurs du royaume.
)) O comble de déloyauté ! le roi de France , à qui tant de fois j'avais pardonné , convoque de nouveau une assemblée de notables , et me somme d'y comparaître , comme traître et félon ; puis , par un arrêt dégradant de la cour des pairs , il me fait déclarer atteint et convaincu du crime de lèse - majesté. Louis XI avait alors réuni des forces imposantes ; j'avais licencié mes troupes : au coeur de l'hiver les Français envahissent mes Etats.
)) Je reprends les aimes, je repousse mes ennemis, je tiiomphe encore, et je marche vers la Picardie. Edouard, roi d'Angleterre , fidèle allié de la Bourgogne , y préparait un débarquement. Le duc de Guienne, indignement traité par Louis XI son frère , me mande qu'il se joint à moi contre l'emiemi commun j et T. 11. 4' édit. y -x
l38 LE SOLITAIRE.
ses troupes marchent sur Paris. Plusieurs autres princes , joues tour à tour par le fils de Charles Yll , grossissent la nouvelle confédération. Louis semblait perdu sans ressource : le Ciel ou plutôt l'enfer le secourut. Une pêche empoisonnée fut offerte au duc de Guienne ; après les douleurs les plus aiguës ce prince expira. De ce lâche fratricide l'Europe entière accusa Louis , qui, feignant une affliction mortelle , et faisant des neuvaines publiques , à cette occasion institua l'angélus (i).
» A cette époque j'avais réuni à la Bourgogne le comté de Ferrète et l'Alsace; j'y avais encore joint les comtés de Màcon et d'Auxerre , l'Artois , le duché de Gu cidres et de Zutphen, plusieurs villes sur la Somme : et j'étais de-
(i) Le duc de Guyenne était mort au coucher du soleil.