‹ Le solitaire. 4. éd., rev., cor., augm., et ornée de vignettes dessinéesChapitre 160 sur 205 · LIVRE xr. i^g · texte numérisé non relu

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venu l'un des plus puissans princes du continent. La Flantb'e et la Hollande m'appartenaient ; j'avais prodigieusement agrandi mon territoire du côté de l'Allemagne : je convoitai la Lorraine.

» Marguerite d'York n'existait plus 5 je n'avais qu'un enfant , et INIarie était la seule liéritière de mes vastes possessions. L'empereur Frédéric me demande pour son fils la main de cette Marie encore en bas âge 5 et, pour obtenir de moi cet liymen, flattant mon ambition, il m'engage à entreprendre la conquête de la Lorraine. Par un traité secret il me promet d'éiiger mes Etats en royaume, de me ceindre lui-même le diadème , et de me proclamer roi de la Gaule belgigue.

» Séduit par de telles espérances, je consens à l'union désirée. La mort du duc de Giiienne venait de dissoudre la coalition formée contre Louis XI5 je quitte la Picardie. A l'instigation du fiii

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de Chailes Y II , le duc de Lorraine avait menacé mes frontières ; je fonds sm' ses troupes : bientôt sa pro\ince entière est soumise; et déjà Nancy est assiégé. Le roi de France , en armant René, lui avait juré ' d'aller en personne le seconder et le défendi^e. Vaines promesses ! ni Louis XI, ni ses guerriers ne paraissent pour le secourir, et j'enti^e triomphant dans IXancy.

» Pour perdre un conquérant que faut-il?.... une suite de prospérités. Comblé des faveurs de la victoire, je me crus invincible. J'avais pris pour modèle Annibal. Conrnie lui je projetais le passage des Alpes ; et je me voyais déjà maître de l'Italie, d'une partie de la France, et du midi de l'Allemagne.

» Mon couronnement, comme roi de la Gaule belgique, devait se faire à Trêves. L'empereur Frédéric m'y attendait. En me rendant à cette ville, je me dispose à ra'emparer d'une portion

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