LIVRE XT. l
je rendis l'ermitage du Solitaire plus inaccessible et plus redoutable que jamais.
)) Résolu de désarmer, s'il était possible , la vengeance céleste par le repentir et les châtimens , j'avais à dessein choisi , pour terre de mon exil , le tliéàtre de mes derniers forfaits. De ma demeure isolée j'apercevais le lac de Neucliâtel et l'ossuaire de Morat. Non loin s'élevait encore le pic Teriible , oh ma troupe barbare , en traversant la Suisse, avait massacré les religieux d'Underlach; et ce roc , tel qu'un fantôme vengeur , constamment frappait mes regards.
)) Seul, quoique entouré d'accusateurs et de juges, agenouillé près de l'ermitage , et me rappelant mes crimes , je demandais pardon aux hommes, et grâce à l'Eternel : mais l'Eternel repoussait ma prière , et le rayon de l'espérance ne luisait point siu' la montagne. Hélas ! ([u'était devenu ce temps heureux de ma jeunesse, où mes pensées, s'élevantvers
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le ciel , en reclesceridaient brillantes et pures comme les lestions angéliques de l'échelle tlii patriarche ! I
» J'avais emporté quelques richesses; 1 je répandis quelques bienfaits dans la con- l trée ; je soulageai l'indigent, je secourus | le mallieureux. On bénissait le SoUtaire , et le Solitaire se maudissait : le consolateur d'Lnderlach portait un coeur inconsolable; et le retour à la vertu avait été trop tardif pour pouvoir être un retour au bonheur.
)) Dans les chaumières où je descendais, au milieu des vallons que je parcourais, partout où je portais mes pas, j-'entendais le nom d'Elodie répété par la reconnaissance et l'admiration. Je désirai voir cette colombe du monastère, tant adorée des montagnards. Secrètement je suivis vos pas : je vous vis.... et l'amour, comme une nouvelle vengeance du Ciel , vint ajouter un sup-