‹ Le solitaire. 4. éd., rev., cor., augm., et ornée de vignettes dessinéesChapitre 168 sur 205 · LIVRE XI · texte numérisé non relu

LIVRE XI

plice de plus aux supplices de mon existence.

» Je sentis alors que j'aimais pour la première fois. Iréna m'avait cliarmé par sa beauté, mais jamais elle ne m'avait inspiré cet amour ardent , ce respect re- » ligieux, cette sorte de cidte passionné qu'Elodie seule était destinée à me faire connaître. Long- temps j'errai sur vos traces , n'osant m'oflVir à votre vue. Au pavillon du parc, un soir je m'emparai de votre ceinture ; et de joie enivré, je retournai en ma solitude , comme si j'eusse retrouvé le talisman de la vertu. Je le plaçai contre mon coeur,... Hélas! et tel qu'un feu brûlant , il acheva de le déyorer.

» Je pris la résolution de vous rendre la fatale ceinture : le désir de vous approcher et de vous parler me détermina.

Je dus vous paraître en démence , je dus \ous épouvanter; et cependant je vous vis attench'ie, lorsque dans la galerie de

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la chapelle, en vous montrant les cieux, j'osai vous adresser ces étranges paroles : — ce Là y si le T'epentir ferme Va- )) hime , oui, là seulement il pourra vous )) dire : Je vous aime. ))

y> Cette entrevue acheva d'égarer ma raison : Qui?moi ! j'osais adorer la fille de Saint-Maur !.. Je me rejetai dans mes souvenirs , et je me parus plus hideux (]ue jamais. Charles-le-Téméraire , tournant ses regards vers le pic Terrible, le lac de JNeuchàtel et l'ossuaire de Morat, alors s'écriait , en se roulant désespéré sur la bruyère du désert , ou dans les antres de la forêt : — (c Monstre , te faut-il en- » core une victime ! »

» Craignant que mon haleine impure ne souillât la demeure d'Elodie, je cessai d'approclier du monastère , où bientôt aiTiva le comte de Norindall. Parmi ses gueriiers se trouvait le page auquel je devais la vie : il connaissait ma retraite; en secret il vint m'y trouver ; et j'appris

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