LIVRE Xr. l5g
par lui riiymen projeté d'Ecbei t avec la princesse de Lorraine.
)) Epris des charmes d'Elodie, l'ami de René ne quittait point la vallée d'L'nderlacli : je chargeai Marceline de vous informer des premiers engagemens du comte de Norindall ; et ce fut par mon page dévoué cpie j'appiis encore les propositions d'Ecbert et vos refus, son départ et le projet d'enlèvement qu'il allait exécuter.
» Elodie ! quelle dut être votre sru'prise, lorsqu'au pont du torrent, le comte <le JNorindall reconnaissant Charles-le- Téméraire , et le prenant pour im fantôme, à genoux levait ses bras vers son frère d'armes ! . . . . Ah ! mon entrevue avec lui au mont Sauvage ne sortira jamais de ma mémoii'e.
» Je connaissais l'àme enthousiaste d'Ecbert, et n'avais pas douté de l'eilét terrible queproduiraitsurlui mon aspect.
Deux fois au champ d'honneur j'avais
l6o LE SOLITAIRE.
sauvé sa vie : jesavais qu'à mon nom seul ses larmes coulaient encore j je savais j qu'excusant mes crimes, il ne se souvenait que de mes vertus ; et j'étais certain que son dévouementfanatiquepour l'heureux duc de Bourgogne renaîtrait non moins exalté pour l'infortuné Solitaire.
)) Aucune expression ne saurait peindi'e les transports de joie dunolileEcbert lorsque dans la cabane du mont Sauvage je le pressai contre mon cœur. Avec tout l'abandon de l'amitié, je lui avouai mon amour pour l'orplieline de l'abbaye. Je vis couler ses lamaes... Et j'eus le courage d'exiger de lui le plus douloiu'eux des sacrifices!....
ï) Le magnanime Ecbert tombe à mes pieds. — « O mon prince ! s'écrie le )) guerrier généreux , ô mon ami ! qu'E- » lodie soit l'ange consolateur de ton )> sauvage exil !.... Non, je ne serai point )> assez barbare pour t'arracher la der- » nière planche du naufrage.... Charles ,