‹ Le solitaire. 4. éd., rev., cor., augm., et ornée de vignettes dessinéesChapitre 178 sur 205 · LIVRE XIF · texte numérisé non relu

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désert, tout à leurs yeux a disparu. Ils ne sont plus sur cette terre, ne sont point encore dans les cieux, mais errent au milieu de ces régions enchantées ou montent pour quelques instans , aux beaux jours de la vie, les amans fortunés qu'a réunis le sort.

Tous les projets de Charles sont approuvés par l'orpheline. Le duc de Bourgogne continuera à demeurer caché aux yeux des hommes ; il vivra sur le mont Sauvage j mais auprès de lui se rendra sa l)ien-aiméc ; 'Ja cabane sera reconstruite; l'enchanteur de la nature, l'amour, présidera seul à leurs travaux; et quel palais pour l'orpheline vaut l'ermitage du Solitaire ! Quel trône vaudrait pour Cliarles le roclier qu'lialnte Elodie! . .

D'après le plan du prince , la fille de Saint-Maur ira trouver Anselme. Le digne pasteur d'Underlach ne peut avoir oublié que Conrad, son neveu chéri, doit rexistcncc au SoUtaii'e ; il unira les

lyS LE SOLITAIRE.

deux amans à la chapelle de l'abbaye : nulle puissance terrestre n'a le droit de s'opposer au mariage de l'orpheline. Elodie est inconnue à sa famille ; Charles est oublié de tous les humains; ils se suffiront l'un à l'autre; ils ne seront pas même deux dans l'univers.

Dans les plus purs ravissemens de l'àme, dans les plus douces extases du sentiment, le prince de la Bourgogne et la vierge d'Lnderlacli n'ont point remarqué la fuite des heures. Hélas! cruelles filles du Temps, chacune d'elles a sa faux en main , qui va moissonnant les plaisirs de l'homme presqu'à mesure qu'il en jouit.

Comme le rapide éclair des féhcités humaines, la journée a fui. Vers le soir, Elodie descend la montagne , appuyée sur son ami , son protecteur, son amant, son époux. Piès du torrent ils se séparent. L'orpheline se rend à la demeure

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