LIVRE Xir. 2t>I
» Souverain arbitre des destinées ! faut- » il enceslieux une victime expiatoire!... )) frappe-moi , j'y consens ; condamne » le reste de mes jours aux plus cruels » supplices de la pénitence, je m'y ré- » signe ; mais que réunis et pardonnes , y) Elodie et Charles retrouvent le bony) heur!
y) Charles ! ici je t'en fais le serment j )) je ne quitterai plus le ciliée; je ne » vivrai que d'herbes sauvages ; je ne » m'abreuverai que de l'eau du torrent ; )) je ne couclierai plus que sur la cen- )) dre. Puisse une vie de pnvations et de » tortures apaiser pour loi l'Eternel , et )) faire disparaître jusqu'à la trace des )) coups affreux cp.ie malgré moi je t'ai )) portés ! ))
Toute son âme s'est peinte en ses discours exaltés ; sa fervente prière est celle de l'enthousiasme religieux. Le vieillard s'offre en sacrifice au Tout -Puissant.
Avec transport il solUcitc des chàtimens
aOU LE SOLITAIRE.
réparateurs ; il se voue aux soufFrances ; et , pour les rendre à la vie et au bonheur , il voudrait être le martyr de ses victimes.
Depuis long-temps le pasteur d'Underlach avait repris la route du monastère, lorsque le duc de Bourgogne revint à l'existence. Les premiers feux du jour éclairaient la cabane. — a Elodie ! Elor
die! » s'écrie Cliarles en jetant ses
regards autour de lui. Mais la douce voix de l'orplieline ne répond plus à l'appel de l'amour.
Le prince a recouvré sa raison. Le plus morne abattemejit est sur ses traits ; son calme est le dernier période des souffrances; sa résignation est sinistre, et son recueillement sombre est un néant moral. Charles dans sa vie avait épuisé toutes les plaintes dn mallieur, tous les cris de la rage , tous les gémissemens du remords, tQu>. les accens du désespoir.