LIVRE XII
— « Sans moi , reprend Charles amèy) reinent , elle eût été ton épouse. Sans )) moi ,1e comle de Norindall et la vierge )) d'Underlach, amans unis, vivraient )) heureux. Je t'ai enlevé l'objet de ton » amour : je t'ai arraché le bonheur ; et )) je ne me suis emparé d'elle que pour )) la précipiter dans la tombe. Hélas ! telle y) était donc ma destinée .' Fléau de tous )) les êtres qui m'ont aimé, je n'ai porté )) autour de moi que la douleur, l'épou- )) vante et la mort. Bien des cœurs se sont )) élancés vers Charles... il ne les a reçus » que pour les déclarer. »
— (( Que dis-tu ? interrompt vive- » ment Ecbert. Quel prince autour de » lui répanfht plus de bienfaits que toi?... D) qui connut mieux l'amitié? qui du som- )) met des grandeurs humaines, maître » des rois, vainqueur des peuples, liéros j) du monde, daigna jeter sur Tobscur )) Ecbert un regard de protcclion et de » tendresse? Qui m'a revêtu de
» dignités? qui m'a trois fois sauvé )) la vie?
)) Charles, poursuit-il, je t'ai dû mon » élévation, mes titres, mes richesses; j) de ce jour j'y renonce à jamais : loin » des palais et des cours , je n'aurai dé- » sormais d'autre habitation que ta ca- )) bane, d'autre existence que ta vie. Sur y> ce globe aride et désert, je ne veux, )) plus voir, je ne veux plus suivre, je y) ne veux plus aimer que Charles , non » Cliarles de Bourgogne protégé par la » fortune et couronné par la gloire, j) mais mon ami , mon frère d'armes , le » Solitaire du mont Sauvage. ))
Le duc de Bourgogne , de ses mains se couvre les yeux; les sanglots le suflbquent; à peine respire-t-il. — a Non , » dit l'infortuné , comme se répondant » à lui-même, non, il ne fut point un » monstre celui qui put être ainsi aimé ! y>
— (( Cliarles , continue Ecbert, songe » qu'il ne te reste plus <[uc moi sur Ui