‹ Le solitaire. 4. éd., rev., cor., augm., et ornée de vignettes dessinéesChapitre 197 sur 205 · LIVRE XI r · texte numérisé non relu

LIVRE XI r

1) terre ; réponds : m'ouvriras-tu ton er- » milage? »

Trop vivement oppressé, le prince ne peut proférer une parole , mais il tend les bras au magnanime Ecbert; il le serre avec transport contre son cœurj et les deux exilésjimmobiles, baignés de pleurs, restent quelques instans embrassés.

Le comte de INorindall s'arrache le premier à cette scène douloureuse. — ' )) Il faut te quitter, dit- il • mais ce n'est 5) que pour un moment, et ce sera la )) dernière fois. » — « La dernière fois! y) répète Charles en tressaillant. » — )) Demain , reprend Ecbert , nous nous y) retrouverons ici ; demain nous ne )) nous séparerons plus. »

A ces mots il s'enfonce dans la foret. — (( Ecbert! .s'écrie Cliarles de Taccent )) le plus douloureux, mon cher Ecbert! » adieu! y)

En cv. dernier cri quelle expression déchuante ! I ïélas* il lui semble que pour

la dernière fois il vient d'embrasser son ami. Ah! pourquoi faut-il que dans le vague des airs se soit perdu l'acceni plaintif de Charles: parvenu jusqu'à son frère d'armes il eût changé leur destinée.

Norindall est déjà loin du mont Sauvage. Long-temps le prince, à travers les arbres, l'avait suivi des yeux. Tout à coup il s'élance au fond de sa cabane, il se jette sur la couche solitaire où reposa son amante; à grands cris il l'appelle : — (( Elodie ! chère Elodie î ici tu fus )) en ma puissance... ici )enevais te pos- )) séder... ici pour moi battait ton coeur... » tu n'es plus , et j'y reste seul ! »

La nuit couvre entièrement Underlach de ses ombres épaisses; Charles exécute enfin son projet. Il descend rapidement le mont Sauvage. 11 nnarche vers le monastère , et déjà s'est introduit dans le parc. Quelques restes des

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