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brillantes décorations de la fête donnée à l'orplieline par le prince de Paizo, s'élèvent encore sur la pelouse. Inconnu , déguisé , caché parmi la foule , Charles avait vu les enchantemens de cette journée. La lune en ce moment, pâle et tremblante, se levait de l'horizon brumeux comme l'astre des champs funéraires. Charles est près du cirque où les chevaliers lorrains comljattirent. C'est là que , traînée sur un char triomphal, telle que la reine de Cythère, Elodie, alors brillante de jeunesse, d'espérance, d'amour et de beauté, couronna les vainqueurs du tournoi. C'est là que la voix, des chantres guerriers, accompagnée des harpes sonores, célébrait la plus belle des vierges, et faisait entendre ces mots :
» Que loin de toi la foudre tonne, » Ccloste aurore iVwn beau jour!
j> Ton front est l'iiit pour la couronne, » Cyrarac ton cœur l'est pour l'aïuour. i>
228 LE SOLÏTAIKE.
Hélas ! elle a tonné la fouJre!... Celte fleur enclianteresse , dont l'éclat naguères éblouissait la vallée, n'est plus l'orgueil de la nature : cette vierge tant adorée ne sera plus la déité des fêtes ; elle n'entendra plus ni les cris bruyans de l'enthousiasme, ni les tendres soupirs de l'amour. Comme une ombre légère elle traversait la vie.... elle a passé. Charles laisse échapper un long gémissement ; il fuit à pas précipités des bos-^ quets chéris de l'orplieline. Oh î qu'ils sont affreux les souvenirs de l'amour planant sur les marbres de la toml>e !
Par le passage souterrain qui jadis avait guidé ses pas vers Elodie, Charles s'introduit dans la chapelle. Grand Dieu! ([uel spectacle vient s'offiir à ses regards! L'enceinte sacrée est illuminée comme pour un jour de fête ; de blanches tentures décorent ses antiques murailles; en des vases du plus précieux métal, de tous côtés fument l'encens et la myrrhe y