LIVRE XII
de riches tapis couvrent le pavé du temple; mille parfums embaument l'air; les flambeaux de l'hymen sont allumes ; qu'éclairent-ils!... La mwt.
Au pied de l'autel, sur une estrade magnilique , est un lit funèbie (jue surmonte un dais éblouissant de blancheur; quatre colonnes d'argent le soutiennent:
des guirlandes de roses virginales retombent en festons autour dn catafalque ; de transparentes gazes, de blanches draperies environnent le funeste trône; et l'éclat resplendissant des lumières ,réfléclii sur le dôme argenté* , sur les guirlandes fleuries , sur les colonnes étincelantes , du funéraire pavillon ont fait un temple de clartés.
Le duc de Bourgogne est au pied du monument de la mort qu'entourent les pompes de la vie; étendue sur la couche silencieuse, la douce vierge d'Underiach dort du sommeil de lélernité. Un Y-oile blanc cache ses traits angéUques ;
aSo LE SOLITAIRE.
la couronne virginale est sur son fî'ont; hélas ! einl3lènie d'innocence , c'était celle de l'hymen ée.
La chapelle est déserte , le plus profond silence y règne. Tombant à genoux auprès du catiifalque : — ccA ierge céleste ! » s'écrie-t-il, voilà donc ta couche nup- » tiale ! voilà les pompes de notre liy- ))men! Mon effroyable destinée s'ac- » complit. Yictime infortunée , que te » dis-je, lorsque je t'apparus pour la » première fois? Fuis! jeune fleur de la » vallée y mon haleine est contagieuse , » ma présence annonce la mort. Que » t'ai-je dit sous ces mêmes murs, le jour » de nos premiers sermens? que j'étais )) l'homme des tombeaux ! »
11 dit , et de son front prosterné frappe le marbre du sanctuaire. — ce Fille an- » géhque ! a-t-il soudain repris en se le- » vant d'un air égaré , tu voulais mourir )) au mont Sauvage ; ton dernier accent » appela le Solitaire y ton dernier regard