LIVRE II
n manda le meurtre de tous les religieux )) de ce monastère; c'est du sommet )) de cette roche que roulèrent au fond » du torrent les tètes des victimes de sa » barbarie. Jour effroyable! je crois voir )) encore le malheureux prieur d'Under- )) lach, l'ami de ma jeunesse, arraché des )) autels par les salelhtes d'un monstre, )) et traîné au supplice en martyr rési- )) gné..,. O ma fille! puissent les princes » de la terre n'approcher jamais de nos )) vallons écartés ! »
Après un assez long silence : — ((J'ai )) ouï raconter, dit Herstall, que depuis » l'aili-eux pillage de l'abbaye, le fantôme » sanglant avait apparu sur le pic aux )) montagnards, et ([ue tous, ils avaient » reconnu les traits du prieur d'Under- )) lach.... Mais trêve de superstitions : la )) matinée est belle; venez, mon digne )) ami, allons encore une fois jouir des )) beaux jours du printemps; pour nous » celle saisonscra peut-être ladcniiùre. d
Descendue dans les jardins du prieure', Elodie , s'éloignant des deux vieillards . s'enfonce sous les bosquets chéris de son enfance. Parvenue au tertre élevé d'où la veille elle avait prêté l'oreille aux chants des montagnards, elle s'arrête :
elle croit apercevoir sur le sable l'empreinte de pas étrangers. Elle entre dans le pavillon : une corbeille oubliée par elle y est demeurée; mais une main inconnue en a dérobé un ruban bleu qui lui servait de ceinture. Etonnée, la vierge d'Underlacli s'assied sous le toit rustique, et demeure mi moment immobile et pensive. Tout à coup elle se lève précipitamment, saisie d'une vague terreur. Son imagination , frappée depuis quelques jours par des récits extraordinaires, a jeté des teintes inaccoutumées sur les objets qui l'environnent. A travers l'épais vitrage de la fenêtre du pavillon, un manteau noir lui a paru se glisser sous le feuillage : elle a cru entendre une sorte