‹ Le solitaire. 4. éd., rev., cor., augm., et ornée de vignettes dessinéesChapitre 22 sur 205 · LIVRE n · texte numérisé non relu

LIVRE n

de plainte échappée du bosquet voisin ; il lui semble qu'un redoutaJ^le regard s'est fixé sur elle : elle a fui vers le monastère ; et sa course aérienne est celle d'un nuage léger poussé parles brises du soii\

Pendant quelques jours Torplieline n'osa s'éloigner de son vénérable protecteur : elle ne se rendit point au pavillon. Dans les jardins de l'abbaye, elle craignait de demeurer seule ; la perte du ruban bleu revenait sans cesse à sa pensée. Cependant , par degrés , surmontant ses craintes chimériques etses sombres rêveries, Elodie reprit sa gaieté, cessa de s'occuper d'ombres et de fantômes , et iinit même par ne plus fiire de questions sui' le Sohtaire du mont Sauvage.

Ses jours imiforraes coulaient en paix : rose printanière que n'avait point encore frappée le souffle brûlant des orages, Elodie s'avançait confiante dans

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la vie, comme l'alouette matinale s'élance dans les champs d'azur d'un ciel serein. Une seule inquiétude troublait son existence : Herstall, son seul guide, son seul soutien , son seul ami , miné par de longues souffrances , semblait descendi'e vers la tombe.

La cloche sainte venait d'appeler aux prières du soir les fidèles de la vallée. Déjà la chapelle du prieuré, seule égUse du liameau, rassemblait les villageois revenus de leurs travaux; Elodie est sous la voûte sacrée j et ses ardentes prières demandentàl'Etre-Supréme la conservation de son père adoptif. Les ombres du soir couvraient le monastère ; le chant du prêtre, le cantique des montagnards et les douces voix de l'enfance s'élevant en choeur aux dômes éternels , avaient plongé l'àme d'Llodie dans une pieuse et sainte tristesse. Tout à coup un gémissement sourd, poussé à peu de distance

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