‹ Le solitaire. 4. éd., rev., cor., augm., et ornée de vignettes dessinéesChapitre 25 sur 205 · LIVRE H · texte numérisé non relu

LIVRE H

tion a de plus noble , tout ce que l'âme a de plus expressif, tout ce que la pensée a de plus éloquent, était renfermé dans ce regard sublime. Malgré l'obscurité de la galei'je, Elodie a pu remarquer la beauté mâle des traits de cet homme extraordinaire. Elle le regarde, l'admire, et tressaille... Ah ! ce frémissement involontaire était-il un pressentiment !

La fille de Saint -Maur ose enfin entr'ouvrir ses lèvres : — « Etranger, dit- )) elle, je croisa la vérité de vos discours; » mais nommez-moi l'infortuné qui s'em- )) para de ce ruban; je lui pardonne. » — » Yous lui pardonnez, a repris vivement » l'inconnu , il suffit ; il le saura. » — « Tl » le saura , répète Eloche ; ce n'est donc j) pas...)) Elle allait ajouter vous,- mais ce mot expire surses lèvres.

Alors l'étranger entraîne doucement l'orpheline vers une des fenêtres de la galerie. Sa main est tremblante; il lui montre le ciel. — ce Là, s'écrie-t-il, si le

)) repentir ferme l'abîme , oui , là seule- )) ment, il pom^ra vous dire : Je vous )) aime ! ))

11 dit j et quel«[ue chose de sinistre a passé de ses lèvres dans son regard. Epouvantée de l'expression sauvage de sesaccens, Elodie recule, et veut s'éloigner. — «Noble orpheline, a-t-il ajouté, ne y> treml)lez pas... que peut contre vous )) l'infortuné! Foudroyé par la vengeance » divine, il n'est plus pour lui de puis- )) sance. Yovezces ombres qui couvrent » la forêt, elles sont moins épaisses que )) celles qui couvrent sa destinée. »

Puis tout à coup avec transport, et comme égaré : — (cQu'ai-je cht ! reprend- )) il. Qui ? moi , vous engager à ne point » le craindre ! moi vous rassurer ! Non : » la nature entière , par ma voix , en ce )) moment vous crie : « Fuis-le, jeune )) fleur de la vallée , son haleine est cony) tagieuse , sa présence annonce la » mort ! »

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