‹ Le solitaire. 4. éd., rev., cor., augm., et ornée de vignettes dessinéesChapitre 26 sur 205 · LIVRE n, ^'J · texte numérisé non relu

LIVRE n, ^'J

—((Laissez-moi, dilElodie, cliercliant

» à fuir, et demeurant immobile d'efFror,

» laissez-moi... je ne puis vous compren-

» dre. ))

Revenu à lui-même, et d'un ton plus calme : — ((Je ne vous retien.s point, )) répond l'homme inexplicable , rien ici )) n'an'ête vos pas. Colombe du monas- » tère ! non , ce n'est point à ton oreille y> ({ue les brises de la nuit portent jamais j) de ces voix plaintives qui glacent les )) mouvemens. Adieu; prie!... Loin de )) moi la pensée de jamais te dire :

n aime ! »

En prononçant ce dernier mot , il fuit précipitamment. Comme débarrassée d'un poids énorme, la nièce d'Herstall aussitôt recouvre l'usage de ses sens '. elle traverse avec rapidité la galerie , les jardins et la cour de l'abbaye; puis, remontant l'escalier de sa tourelle, encore alarmée , elle se réfugie au fond de sa cellule.

Un vent impétueux venait de s'élever, et sifflait avec fureur sous les arches extérieures du cloître. La pluie commençait à tomber par torrens, et le vieux monastère semblait ébranlé par l'ouragan. La fenêtre de l'orpheline , poussée par la tourmente , s'ouvre avec fracas, et la fille de Saint-Maur contemple , saisie d'elTroi, la voûte éternelle traversée en tous sens par d'épaisses nuées , et les cieuxmenacant la terre. Hélas! en cemoment le désordre de ses pensées égalait celui de la nature : inatteutive au mugissement des vents déchaînés se disputant la vallée , s'apercevant à peine que l'eau battait avec violence contre sa croisée enfoncée, et coulait jusqu'à ses pieds, la vierge d'Underlach ne songeait qu'au mystérieux inconnu de la chapelle. Son étonnante beauté , ses discours égarés , SKI voix touchante, et surtout son regard sublime , occupaient constamment sa pensée. Quelquefois, se croyant abusée

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