‹ Le solitaire. 4. éd., rev., cor., augm., et ornée de vignettes dessinéesChapitre 27 sur 205 · LIVRE rr · texte numérisé non relu

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pjir un songe bizarre, elle cherchait à douter de la réaUté des évènemens de la soirée ; mais sa main tenait encore la ceinture bleue rendue dans la galerie.

Comment révoquer en doute la scène nocturne dont les moindres détails étaient présens ii son imagination !

S'élancant à la fenêtre brisée par l'ouragan , et levant ses yeux au ciel : — - « Là, s'écrie l'orpheline, si le repentir » ferme V abîme, là seulement il pourra y> me dire : Je vous aime! O mon Dieu ! » continue la vierge tremlilante, quenie )) prépare la destinée î Pourquoi ce bou- » leversement subit de tout mon être )) pour qiiel({ues mots inexplicables sor- )) tis de la bouche d'nn inconnu?... Se- )) rait-ce un affreux présage ! Mais avec )) (juel tendre accent il a prononcé : Je y> vous aime! Ah ! le coiipahle poni' le- )) quel il implorait mon pardon, c'est lui, )) ce ne peut être (]ue lui ; en parlant )) d'un autre, eût-il été aussi expressif,

6l) LE SOLITArRE.

y> aussi touchant !... Pourquoi donc tout )) à coup ce langage sinistre ? pourquoi )) ces accens du remords et du désespoir? )) poiuYfuoi cet etti'avant délire ? Serait- ?> ce une puissance du mal apparue au )) milieu des ténèbres?... Mais ce regard » divin !... La vertu suppliante et maly> heureuse n'en peut élever au ciel mi )) plus reUgieuK, un plus sublime. Dieu » puissant ! éclaii'ez ma taiblesse , ayez » pitié de l'innocence. »

Les vents s'apaisaient ;Elodie, pâle et treml^lante, descend auprès d'Herslall.

Le vieillard remarque sans étonnement son trouble : il l'attribue à la frayeur que peut lui avoir causée l'ouragan : mais jamais l'orpheline ne déroba la moindre de ses pensées à son vénérable protecteur. La dissimulation est étrangère à son àme : ell<> lui raconte naïvement ses frayeurs au pavillon, la disparition de sou ruban, et la scène de la galem.

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