LIVRE II
— « Et c'est la première fois , dit Hers- » tall , que cet étranger s'est offert à vos )) regards? » — « Mon père , répond la » jeune fille, depuis quelques semaines, )) j'ai cru remarquer que dans les jardins )) du prieuré , mes pas étaient constara- » ment suivis par quel({ue être invisible )) et mystérieux. D'étranges bruits au- » tour de moi, des sons inattendus, trou- » blaientmes promenades habituelles ; et » souvent, saisie d'un elFroi secret, j'ai )) craint de m'éloigner du monastère.
» rS'attribuant cependant mes alarmes » qu'à la faiblesse de mon imagination, )) jusqu'à ce jour je n'ai osé vous en faire )) l'aveu. )) — c( Mais ce personnage ex- )) traordinaire , qui peut-il être?... se ré- » pétait Herstall. Tous les babitans de )) la contrée me sont connus : aucun ne ï) ressemble à l'étrange portrait... x» Le vieillard s interrompt, puis soudain il s'écrie : — « A moins que ce ne soit.... » — c( Qui ? reprend l'orpheline , se le»
vant inquiète , et s'approchant d'Herstall. » — « Le Solitaiie du mont Sau- )) vage. »
A ce nom un frisson involontaire a parcouru tous les membres d'Elodie :
elle retombe sur son fauteuil, et demeure quelques instans immobile et muette.
La porte s'ouvre , et le père Anselme s'approche du couple silencieux. — a Un )) grand malheui- vient d'épouvanter le » hameau, dit le respectable pasteur.
)) Pendant que l'ouragan dévastateur tray) versait la vallée, la chaumière de la » vieille Marceline, située au pied de la » montagne d'Underlach , renversée par yy une avalanche, a été précipitée au fond )) du torrent; et ses débris mêmes ont )) déjà disparu, entraînés par l'onde imyy pétueuse. » — « Et qu'est devenue )) Mai'ceUne ? s'écrie Elodie. » — « Per- » sonne n'a péri , continue Anselme.
» J'ignore les détails de l'alFreuse cata-