‹ Le solitaire. 4. éd., rev., cor., augm., et ornée de vignettes dessinéesChapitre 29 sur 205 · LIVRE H · texte numérisé non relu

LIVRE H

)) strophe que la niiit couvre encore de )) ses voiles. La tempête a ravage nos )) contrées : la pauvre Marceline a perdu )) le peu de bien qu'elle possédait, et la y> plus cruelle indigence menace ses der- » niers jours. » — « Ah ! que n'ai-je la fory) tune de mes pères ! dit à voix basse l'or- )) pheline. » — Demain, reprend Herstall, )) demain, mon cher Anselme, nous )) irons consoler Marceline. »

Depuis long-temps Marceline était venue habiter la vallée d'Underlach. En quel pays élait-elle née? qui l'avait élevée? où avait-elle passé sa jeunesse?

jamais personne n'avait pu le découvrir. De grands malheurs l'avaient accablée , dit-on • mais Marceline, pour qui les souvenirs étaient déchirans , évitait avec soin tout sujet d'entretien qui pouvait lui rappeler ses infortunes.

Son éducation, sans doute, avait été soignée, car son langage était pur, et re-

niarquable par son énergie. Son costume était celui des villageoises ; ses manières étaient simples 5 et cependant rien n'était plus recherché que ses expressions, plus exalté que ses sentimens , plus enthousiaste que ses discours : objet d'étonnement et d'admii-ation , elle était l'oracle de la vallée. Les montagnards venaient la consulter : ravis ils l'écoutaient; religieusement ils suivaient ses avis; et, semblable à la sibylle des Bructères, Marcchne était la prophétesse d'UnderlacL.

Aux premiers rayons du jour, Elodie est descendue de sa cellule : le sommeil n'avait pu fermer sa paupière j le repos a fui de son âme. Cependant l'idée de pouvoir porter quelques consolations au malheur, vient la distraii'e de ses sombres rêveries. Accompagnée d'Hers- Jallet d'Anselme, elle dirige ses pas vers l'ancienne demem^e de Mai'celine, et

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