LIVRE IT
déjà se sent moins oppressée. L'air pur (lu matin, le lever de l'aurore, la douce odeur des fleurs de la prairie , la voix du chantre des forêts, tout sourit à sa jeune imagination... Etbicntôt la douleur a passé de dessus son àme, comme la tempête de la veille de dessus le ciel de la vallée.
Mais, non loin du séjour de Marceline, quel désolant spectacle a frappé les regards des liabitans du prieuré ! quels horribles désastres a causés l'ouragan ! Des rocs brisés, des chênes déracinés ont roulé du haut de la montagne d'Lnderlach jusqu'au fond du torrent : ils ont comblé l'ancien abîme ; et ses ondes impétueuses se frayant une autre route , ont ravagé les prairies voisines. I^a terre végétale est recouverte d'un sable aride : de nouveaux ravins creusent la vallée ; cl plusieurs familles ruinées par cette calamité inattendue, pleurent leurs récoltes perdues au milieu des débris épars de leurs toits renversés.
T. ï. 4^ écllt. 6
QQ LF. SOLITAIRE.
Sur (Tes ponts jetés avec peine et à la hâte à travers les prés dévastés , qu'en tous sens coupent encore de nombreux ruisseaux, Herstall, Anselme et l'orpheline parviennent au nvage désert où fut la chaumière de Marceline : elle avait été bâtie au-dessus du torrent. Une masse énorme de terre et de rocliers, détachée des flancs do la montagne, a emporté le bâtiment rustique : sesfondemens mêmes ont disparu. A la place de la cabane s'offre maintenant un vaste gouffre, au fond duquel bouillonne une onde sulfureuse , et d'où partent de sourds gémissemens.
L'ange de la destruction semble élever sa voix des profondeurs de cet abîme.
Au bord du nouveau toiTcnt , la vierge d'Underlach aperçoit Marceline ; elle vole à elle : et partageant la douleur que doit lui causer ce funeste spectacle, les yeux baignés de larmes, elle veut lui parler de son malheur. — « Aimable en- » fant, interrompt Marceline , ne pleurez