LIVRE II
» point; mon infortune estdéjà plus que j) reparée. La foudre a frappé le vallon, )) niaj.s l'astre réparateur luit sur la mon- » tagne.
» Voyez! poursuit-elle, ouvrant un » sac rempli de pièces d'or : voilà de quoi )) rebâtir trois chaumières comme celle )) que j'ai perdue. » — (cOIi! bonne mère, j) s'écrie Elodie transportée de joie, le » Ciel est juste, vos derniers jours se- )) ront heureux : mais quelle main bien- » faisante vous a si proinptement secou- )) rue? )) — c( Quoi ! s'écrie Marceline avec M enthousiasme , quoi! noble fille du y) monastère , vous demandez encore y) quelle main secoural)le s'étend sur les )) infortunés de nos cantons! Tenez, » non loin de nous , voyez ce mont élevé )) (pi'entoure une forêt épaisse... Eli » bien! c'est de là que se manifeste au\ )) hommes le génie de la bienfaisance ; » de là descend le Solitaire. »
— « Et vous l'avez vu ce malin 7 dit vi-
» vemeni l'orpheline. » — « Ce matin ! re- )) prend Marceline : il ne s'est pas si long- » temps fait attendre; j'aurais pleuré toute ï) la nuit : laisse-t-il souffrir une heure, )) lorsqu'il peut de suite accourir ! Cette )) nuit, après la chute de l'avalanche, etla )) disparition de ma cahane, lorsque, sur )) la rive dévastée, je remplissais l'air de )) mes cris , l'esprit sauveur m'est apparu y) au milieu de la tempête. Je crois en- )) core le voir... là... au bord du torrent, )) contre ces noirs sapins. Sa démarche )) était calme et son front assuré : s'avan- )) çant au sein de la tourmente , c'était )) le rayon de l'espércince à travers la y) nuit dumaUieur. »
•— « Homme incompréhensible ! dit » Herstall. » — ce II était vêtu de noir, » continue Marceline ; de longs vête- » mens l'enveloppaient , mais la beauté M de ses formes , les proportions de sa » taille majestueuse se dessinaient par- » faitement sous les replis de sa robe de