LIVRE m
JLes jours (l'Eloclie coulaient en paix ; ses occupations accoutumées ne laissaient point l'ennui pénétrer jusqu'à son âme. Depuis le funeste ouragan , aucun fâcheux événement n'avait affligé le vallon ; et le Solitaire , devenu comme invisible , paraissait avoir abandonné la contrée.
11 est un âge heureux où les réflexions tristes ne font (ju'effleurer l'imagination ; elles sont rarement sombres , même au sein du malheur. Elles ressemblent aux alcyons qui, courant avec rapidité sur les flots soulevés de la mer , au milieu
des nuits orageuses , n'étendenl que des ailes blanches. Au printemps de la "vie, la soulFrance peut sans doute être douloureuse, mais jusque dans cette douleur perce encoi^e la belle saison.
L'orpheline de l'abbaye, pai'venue à dissiper les nuages de sa pensée, avait recouvre' sa vivacité ; l'éti'anger de la galerie commençait à s'effacer de son souvenir • et le calme était rétabli dans son coeur.
La nouvelle hal^itation de Marceline se construisait rapidement. Souvent Elodie allait la visiter j mais toujours avec soin elle évitait le sujet d'entretien qui seul cliarmait la reconnaissante protégée du Solitaire.
Le pnntemps, de son souffle créatem', avait rendu tout son éclat à la nature. Les dernières traces du ravage de la tourmente avaient disparu j et la vallée d'Underlach , étalant aux yeux du voyageur ses pompes agrestes et ses