‹ Le solitaire. 4. éd., rev., cor., augm., et ornée de vignettes dessinéesChapitre 35 sur 205 · LIVRE iir · texte numérisé non relu

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trésors champêtres, semblait un vase de parfums. Comme la fauvette qu'inspire la vue (l'un ciel serein, et dont les ciiants mélodieux ne se font entendre (|u'au milieu des bosquets fleuris et sous des voûtes azurées , la vierge du monastère , éveillée par l'aurore , enthousiasmée des charmes du vallon , prend son luth, et non loin du prieuré, va joindre sa douce voix, à celles des chantres du bocage.

Le ciel était pur et sans nuage ; les fleurs de la prairie avaient embaumé les airs ; et le silence de la paisible matinée n'était interrompu que par les accords du rossignol et le lointain murmure des cascades. Près du torrent d'Underlach Elodie s'arrête ; assise sur ses bords romantiques , elle maiie les sons aériens de soji luth au doux frémissement des eaux courant sur un Ut de cailloux. Audessus du torrent , un pont rustique , jeté sur deux rochers , s'élevait à côté

d'elle en arche pittoresque, couronné par un groupe de sapins. Charmée du site qu'elle a choisi, la jeime fille chante ces mots :

« Printemps , réveil de la nature,

i> Qu\ivec iraiis^îort je te revoi !

il Brillante aiiiore, ta voix pure

i) Crie à la terre.... — Eveille-toi. »

i> Appui divin, douce espérance ,

yi Porte entr'ouvertc sur les cieux y

j> De tes rayons charme en ces lieux

3> L'heureux printemps de l'innocence !

» Maître des mondes , roi des âges !

M Espoir présent , juge futur!

j) L'homme csl-il donc de tes ouvrages j» Le plus siiblime et le moins pur ! » Toi dont j'implore la puissance, » Qui des temps a rcgIJ le cours, »> Avec le printemps <le mes jours, i) Ke laisse point fuir l'innocence !

31 Longs orages , jour funéraire , » Qui frappez le faible mortel, » Vous n'êtes souvent sur la terre w Qu'une heureuse épreuve du ciel.

» Aux naufrages de l'existence , » Gagnant un rocher protecteur, » Gloire aux vicliincs du malheur, j» Qui purent sauver.... 1 innocence! »

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