LIVRE iir
trésors champêtres, semblait un vase de parfums. Comme la fauvette qu'inspire la vue (l'un ciel serein, et dont les ciiants mélodieux ne se font entendre (|u'au milieu des bosquets fleuris et sous des voûtes azurées , la vierge du monastère , éveillée par l'aurore , enthousiasmée des charmes du vallon , prend son luth, et non loin du prieuré, va joindre sa douce voix, à celles des chantres du bocage.
Le ciel était pur et sans nuage ; les fleurs de la prairie avaient embaumé les airs ; et le silence de la paisible matinée n'était interrompu que par les accords du rossignol et le lointain murmure des cascades. Près du torrent d'Underlach Elodie s'arrête ; assise sur ses bords romantiques , elle maiie les sons aériens de soji luth au doux frémissement des eaux courant sur un Ut de cailloux. Audessus du torrent , un pont rustique , jeté sur deux rochers , s'élevait à côté
d'elle en arche pittoresque, couronné par un groupe de sapins. Charmée du site qu'elle a choisi, la jeime fille chante ces mots :
« Printemps , réveil de la nature,
i> Qu\ivec iraiis^îort je te revoi !
il Brillante aiiiore, ta voix pure
i) Crie à la terre.... — Eveille-toi. »
i> Appui divin, douce espérance ,
yi Porte entr'ouvertc sur les cieux y
j> De tes rayons charme en ces lieux
3> L'heureux printemps de l'innocence !
» Maître des mondes , roi des âges !
M Espoir présent , juge futur!
j) L'homme csl-il donc de tes ouvrages j» Le plus siiblime et le moins pur ! » Toi dont j'implore la puissance, » Qui des temps a rcgIJ le cours, »> Avec le printemps <le mes jours, i) Ke laisse point fuir l'innocence !
31 Longs orages , jour funéraire , » Qui frappez le faible mortel, » Vous n'êtes souvent sur la terre w Qu'une heureuse épreuve du ciel.
» Aux naufrages de l'existence , » Gagnant un rocher protecteur, » Gloire aux vicliincs du malheur, j» Qui purent sauver.... 1 innocence! »