LIVRE m
nue (l'Herstall, et le vieillard accueille avec empressement le noble chev«jlier.
Echert avait passé sa première jeunesse à la cour de Cliarles-le-Téraéraiie; ami dévoué de ce prince, il l'avait partout accompagné dans ses expéditions guerrières. Le jour où succomba le héros de la Bourgogne , Ecbert lut fait prisonnier sous les murs de Nancy. René avait ouï vanter la haute valeur du comte de Norindall ; il chercha à s'attacher cet illustre guerrier. Ecbert avait appris la mort funeste du prince que malgré ses crimes il avait tant aimé ; et son cœur déchiré s'abandonnait à l'amertume de ses regrets. Le duc de Lorraine fut le trouver : il donna comme lui des larmes au duc de Bourgogne ; et depuis ce jour, sensible à ses soins généreux , l'inconsolableEcbertne trouva qu'auprès de René quelque adoucissement à sa douleiu'. A la reconnaissance succéda l'affection : les vertus du duc de Lorraine rouvrirent
le cœur d'Ecbert au sentiment de rami^ tié^ et bientôt, comblé des faveurs du prince, ne A'oulant plus retourner en Bourgogne, où Charles ne régnait plus, ou ne l'attendaient cpie de cruels souvenirs, il fixa sa résidence à la cour de INancy , et devint un des piincipaux chefsde l'armée lorraine.
Ecbcrt, encore au printemps de la vie , possédait toutes les vertus d'un héros. Sans être d'une haute stature , sans être d'une beauté parfaite , le comte deIXorindall , parmi les plus brillans chevaliers, dépouillé même du prestige de son rang, attirait les regaitls de la midtitude. Quelque génie siipériem' semblait planer invisible autour de sa personne, et commander pour lui le respect. Son oeil, plein d'expression et de feu , pénétrait les plus secrètes pensées. On lui reprochait d'être silencieux ; mais souvent il est riche de sentimens le coeur