LIVRE III. S
àe celui dont les lèvres sont avares de paroles.
Captivant l'admiration publique , for-^ çant aux éloges les inditFérens , il étenxlait sur ses ennemis comme un rets magique qui les contraignait au silence.
Calme et sérieux , il semblait entièrement maître de lui-même , et cependant son àme ardente et passionnée , souvent ne pouvait comprimer ses élans impétueux. Il avait porté l'amitié jusqu'au fanatisme : s'il eût connu l'amour, peutêtre TeCit-il porté jusqu'au délire. L'ardeur l)riilante de ses sentimens se réfléehissait rarement sur ses traits impassibles : pieux et magnanime , il élevait son cœur vers le Ciel, même dans les momens où l'observateur l'aurait cru tout entier à la terre j et de même que les pensées les plus sublimes pouvaient sortir de son esprit exalté , les plus iiéroïques sacrifices pouvaient éti'e obtenus de sa grande ame.
Eloigne de la société des hommes, depuis long-temps Herstall ne s'était trouvé au milieu d'une assemblée guerlière. Les chevaliers d'Ecbert environnent le vieillard 5 il les contemple en soupirant. Jadis comme eux il brilla dans les camps; jadis il connut aussi les illusions de la gloiie ; jadis comme eux il fut admiré.... Aujourd'hui, s'informe-t-on seulement s'il a vécu!....
Forcé de donner l'hospitalité aux défenseurs de la Lorraine , Herstall a fait préparer pour le banquet du soir la grande galerie du monastère, qu'éclaireront de nombreux flambeaux. Déjà cette vaste enceinte s'est remplie des nobles compagnons du comte de Norindall : Herstall s'avance au miheu d'eux. Nouvelle Antigone, une jeune beauté soutient ses pas tremblans. Pourquoi la salle entière a-t-elle retenti d'un long cri d'admiration ?. . . . La vierge d' Lnderlach a relevé son voile.